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Chroniques

2022: l'année des investissements

11:57 . 24/01/2023 mardi

Yusuf Dinç

Il est diplômé de l'Université Dumlupınar du département d'économie en 2005. Il a obtenu son doctorat en banque à l'Université de Marmara. Il a rejoint la faculté de droit de l'Université Duke en tant que chercheur en 2015 et a travaillé comme professeur adjoint à l'Université de Trakya entre 2016 et 2017. Il a de nombreux livres, articles et publications sur la finance islamique, la banque et le shadow banking (économie de l’ombre). Parallèlement, il a réalisé l'exécution de projets nationaux et internationaux dans le domaine de la finance sans intérêt. Depuis 2017, il est membre du corps professoral du Département d'anglais d'économie et de finance islamiques de l'Université Sabahattin Zaim d'Istanbul. Il conseille actuellement un certain nombre d'institutions financières. Il est membre du conseil consultatif de la Fondation pour la recherche en économie islamique (IKTISAT). Il écrit également des articles et donne des séminaires à l'association İKTİSAD. Des chroniques sont publiées dans divers journaux. Il est marié et a deux enfants, parle anglais. Yusuf Dinç donne des séminaires sur l'économie et la finance islamiques sur l'assurance et la banque à SUSEM.

Yusuf Dinç

Selon les statistiques, au cours des 12 derniers trimestres, la Türkiye n'a cessé d'augmenter ses investissements en machines et équipements. Les entreprises adoptent des machines plus efficaces en termes de consommation d'énergie et de performances, et acquièrent de nouvelles technologies. En même temps, les entreprises nouvellement créées réalisent leurs premiers investissements. Les politiques économiques ont également pour priorité de soutenir ce climat. Par conséquent, la Türkiye connaît une croissance par le biais des investissements, ce qui est la situation la plus souhaitable pour une économie.


Parce que l'effet des dépenses d'investissement sur la croissance est plus élevé que le montant de l’investissement lui-même. C'est ce qu'on appelle le multiplicateur d'investissement. La croissance des dépenses d'investissement soutient l'emploi d'une nouvelle main-d'œuvre, les nouveaux emplois soutiennent l'augmentation des dépenses de consommation, et l'augmentation des dépenses de consommation soutient les dépenses de réinvestissement. Ainsi, puisqu'il y aura un optimisme positif envers la croissance dans l'économie, il est souhaité et attendu que la croissance se développe par le canal de l'investissement.


La Türkiye a atteint cet optimisme centré sur l’investissement. Au cours des trois premiers trimestres de 2022,
60 % de la croissance
ont été attribuées aux investissements dans les machines et équipements et aux exportations nettes. Entre 2010 et 2021, il est estimé que 20% de la croissance a été réalisée à partir de ces éléments.

Les investissements en 2022 pourraient être suffisamment importants pour durer plusieurs années. Si les investissements se poursuivent en 2023, les attentes pourraient nettement s’élevées et influencer les projections sur la Türkiye.


Selon quel indice d'inflation ont-ils accordé l'augmentation de salaire ?


J’ai un respect infini envers tous les efforts académiques entrepris en Türkiye pour calculer un quelconque indice économique. Parce qu’il s’agit d’une mission très difficile et quand le résultat est bon, sa valeur ajoutée est inestimable. Cependant, je ne comprends pas ceux qui, par exemple, calculent un indice d'inflation, puis éclipsent leurs efforts en essayant de leur donner un sens au motif qu'ils
"ne trouvent pas le TUIK fiable"
(Institut turc des Statistiques).

Lorsqu'un travail comme celui-ci est expliqué de cette manière, en même temps qu’il fait naître un débat, il induit aussi une erreur dans sa finalité. L’effort déployé perd sa crédibilité académique. Surtout lorsque différents chercheurs trouvent des résultats différents avec les mêmes méthodes, le travail devient encore plus étrange.


De plus, si une déclaration du genre :
"Telle ou telle grande entreprise avec des capitaux internationaux veut ces calculs de notre part, parce qu’elle veut être juste envers ses employés en affirmant que les calculs du TUIK ne sont pas fiables, au moment de calculer les augmentations qu’elle leur accordera"
, est faite, nous sommes en droit alors de nous demander sur quel calcul ils se sont basés pour faire ces augmentations de salaire.

Ces entreprises ont-elles vraiment pris pour base les calculs qui annoncent une inflation deux fois plus élevée que le TUIK ? Non, ils ne les ont pas pris pour référence, dans ce cas tout ces efforts ont-ils été gâchés par ces déclarations ?


Après tout, il est totalement faux d’associer les augmentations salariales à l’inflation. Bien que cette erreur soit répétée avec insistance, je voulais exprimer ici une sensibilité parce que les travaux de calcul de l’inflation sur le marché sont considérés comme académiques et faussés en soi. Bien qu’il s’agisse déjà d’une initiative commerciale qui a entrepris de calculer l’inflation dès le début, il n’y a pas de problème.


Le salaire de Mehmet A.


The Economist a montré son patronage et a appelé à des réformes en faveur de l'économie turque. Tout le monde sait que c'est un magazine très charitable. Pour ne pas écrire directement
"la Türkiye est en faillite"
, The Economist s’est donné la peine d'ajouter un peu de réalité à la fiction, n’est-ce pas louable ?

Le magazine a commencé son appel avec le fait que Mehmet A. n’a pas acheté une maison alors qu’il aurait pu et maintenant il ne peut plus l’acheter. Quelle agitation ! Il aurait dû l’acheter quand il le pouvait ! C’est ce que j’ai écrit à ce sujet auparavant. Je suis sensible à la situation des locataires. Je soutiens le travail en matière de logement social. The Economist aurait bien fait d’aller rencontrer quelqu’un qui est un locataire sans autre option.


Par contre, je ne suis pas très intéressé par le fait que ceux qui préféraient louer plutôt qu'acheter une maison se lamentent maintenant. Je ne vais pas suivre The Economist et faire semblant de m'y intéresser. Tout le monde sait que nous traversons une période d'intermittence. Pendant des années, il était possible pour les salariés à revenu moyen dans ce pays d'acheter une maison pour 30 à 50 salaires et une voiture pour quelques salaires. Il est inapproprié que ceux qui n'avaient aucunement l’intention d'acheter une maison ou une voiture apparaissent soudainement comme les acheteurs potentiels. Et s'ils ont vraiment l'intention de le faire, la campagne Yeni Evim (Ma nouvelle maison), destinée aux personnes à revenu moyen, est également très attrayante. Le rôle le plus important dans l'équation automobile revient à la taxe ÖTV (Taxe spéciale à la consommation), en d'autres termes, il s'agit d'une situation préférentielle. Tant la maison que la voiture peuvent être rachetées à un moment et dans des conditions plus favorables.


Quoi qu’il en soit, peut-être que Mehmet A. allait vraiment acheter une maison et qu’il a raté le train. Mais Mehmet A. n’a pas été sélectionné par The Economist parce qu’il ne pouvait pas acheter une maison. Mehmet A. a été choisi parce qu’il faisait partie des personnes exceptionnelles dont
le salaire n’a augmenté que de 30%
l’an dernier. Très probablement, c’est la raison pour laquelle aucune personne au statut de locataire sans autre option n’a été interrogée. Parce qu’il serait très difficile de trouver des exemples dans le groupe à faible revenu dont le salaire n’a pas doublé. Il est également difficile d’en trouver dans le groupe à faible revenu, mais que l’on puisse le trouver dans le groupe à revenu moyen, est pour le moins étonnant. Je ne sais pas à quel point c’est réaliste. Si c’est vrai, comme dans l'exemple de Ford, l’employeur devrait être interrogé. Parce qu’on apprend que Mehmet A. est architecte.

Le groupe Ford, qui se désole que les salariés de ses usines ne puissent pas acquérir de voiture, a augmenté les salaires. Si un architecte comme Mehmet A. ne peut pas s’acheter de maison, il devrait prendre le temps de s’interroger, comme l’a fait Ford.


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