Des militants de la flottille Sumud accusent Israël de torture et de viols

La rédaction avec
09:5024/05/2026, Pazar
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Le marin français Adrien Pain affirme que des activistes arrêtés en eaux internationales ont subi violences, agressions sexuelles et mauvais traitements.
Crédit Photo : X /
Le marin français Adrien Pain affirme que des activistes arrêtés en eaux internationales ont subi violences, agressions sexuelles et mauvais traitements.

Le marin français Adrien Pain, membre de la flottille Sumud pour Gaza revenu vendredi à Paris, a accusé les forces israéliennes d’avoir enlevé des militants en eaux internationales avant de leur infliger des actes de torture, des violences sexuelles et des traitements dégradants durant plusieurs jours de détention.

Lors d’un entretien accordé à Anadolu, Adrien Pain a déclaré que les membres de la flottille avaient été pris d’assaut
"dans les eaux internationales au sud-ouest de Chypre"
par l’armée israélienne.

"Des bateaux rapides d'intervention se sont approchés de notre navire et l'ont abordé"
, a-t-il raconté, affirmant que des soldats israéliens avaient pris le contrôle du bateau avant de transférer les militants sur un navire militaire.

Le marin français affirme que les passagers ont ensuite été conduits dans des conteneurs plongés dans l’obscurité où ils auraient été violemment battus. Il a déclaré:

Ils nous passaient à tabac avec des coups de crosse de fusil, des coups de canon de fusil. Certains de mes camarades ont subi des coups de taser.

Adrien Pain accuse également des soldats israéliens d’avoir commis des violences sexuelles contre plusieurs militants. Il a affirmé


Certains de mes camarades ont subi des agressions sexuelles, voire des viols à ce moment-là.

Le marin dit avoir entendu les cris des autres détenus avant de les voir revenir
"effondrés"
dans une zone grillagée composée de conteneurs métalliques où les militants auraient été retenus plusieurs jours sous la menace constante des armes israéliennes.

"C’était une espèce de camp de concentration à ciel ouvert"
, a-t-il déclaré, ajoutant que les soldats israéliens maintenaient les détenus
"en joue 24 heures sur 24"
avec
"des canons à eau pointés"
sur eux.

Selon son témoignage, les militants auraient été privés de couvertures, de vêtements adaptés, d’eau suffisante et de sommeil. Il affirme que plusieurs dizaines de personnes dormaient à même le sol métallique dans des conteneurs surpeuplés.

"Il fallait quémander pour les droits les plus basiques"
, a-t-il assuré, accusant les soldats de répondre parfois aux demandes d’eau par des grenades assourdissantes.

Adrien Pain affirme également que les violences se seraient aggravées au fur et à mesure des enlèvements des différents bateaux composant la flottille.

"Ils ont sorti les tasers au bout du deuxième jour"
, a-t-il déclaré, évoquant
"des côtes cassées, des coudes cassés, des jambes"
blessées ainsi que
"toutes sortes de mauvais traitements"
.

Le militant français a aussi dénoncé une
"torture psychologique collective"
, accusant les soldats israéliens de menacer régulièrement les détenus, de les priver de sommeil et de leur faire croire qu’ils allaient être exécutés.

Interrogé sur les violences sexuelles, Adrien Pain a indiqué que plusieurs victimes n’avaient pas souhaité témoigner publiquement. Il affirme toutefois que des médecins présents parmi les militants auraient recensé
"six cas de violences sexuelles et de viols"
sur le bateau où étaient retenus environ 180 membres de la flottille.

"Tout ça, c’est qu’une infime partie de ce que les Palestiniens vivent chaque jour"
, a-t-il déclaré, estimant que ce que les militants avaient subi révélait
"la réalité du système israélien"
.

Une manifestation de soutien aux membres revenus de la flottille Sumud est prévue samedi place de la République à Paris.


La flottille Sumud, organisée par des militants internationaux pro-palestiniens, avait quitté la Méditerranée orientale pour tenter de rejoindre la bande de Gaza afin de dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien et d’acheminer une aide humanitaire symbolique.

Les participants affirmaient vouloir briser l’isolement de Gaza, alerter l’opinion publique internationale sur la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne et contester la légalité du blocus maritime imposé par Israël depuis 2007.


Cette mobilisation intervient alors qu’Israël fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires internationales liées à la guerre menée dans la bande de Gaza.


La Cour internationale de justice (CIJ) examine une plainte déposée par l’Afrique du Sud accusant Israël de violations de la Convention sur le génocide. La juridiction de l’ONU a estimé en janvier 2024 qu’il existait un
"risque plausible de génocide"
et a ordonné plusieurs mesures conservatoires exigeant notamment l’accès de l’aide humanitaire à Gaza.

La Cour pénale internationale (CPI) a, de son côté, émis en novembre 2024 des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés à la guerre à Gaza, notamment pour avoir utilisé la famine comme arme de guerre.


Depuis le début de l’offensive israélienne lancée après le 7 octobre 2023, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, en majorité des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires palestiniennes et plusieurs agences des Nations unies.

Des ONG internationales, parmi lesquelles Amnesty International, Human Rights Watch, Médecins sans frontières ainsi que de nombreux experts mandatés par l’ONU, ont dénoncé des attaques massives contre les civils, des destructions d’infrastructures vitales, l’usage de la famine comme arme de guerre ainsi que de graves violations du droit international humanitaire.



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