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La Hongrie dénonce le blocage des subventions européennes pour ses universités

La Hongrie a dénoncé jeudi la décision "intolérable" de Bruxelles qui privera en 2024 ses universités jugées trop dépendantes du pouvoir de fonds pour le programme d'échange Erasmus et la recherche, tout en se disant prête à des changements.

20:12 - 12/01/2023 jeudi
AFP
@ REMKO DE WAAL / ANP / AFP
@ REMKO DE WAAL / ANP / AFP
"Ce que fait la Commission européenne est inacceptable et intolérable, d'autant plus que nous avons adopté d'un commun accord les règles nécessaires concernant les conflits d'intérêts"
, a déclaré à la presse Gergely Gulyas, le directeur de cabinet du Premier ministre nationaliste Viktor Orban.

"Nous aurions été disposés à adopter une réglementation plus stricte encore"
, a-t-il expliqué. 

Il espère une solution d'ici à la mi-mars, la Hongrie étant disposée à faire passer une nouvelle loi, faute de quoi Budapest, habitué des bras de fer avec la Commission, pourrait saisir la justice européenne.


En attendant, le gouvernement va financer lui-même la participation de ses étudiants au programme Erasmus, ce qui représente un investissement de 12,5 millions d'euros. 


En décembre, l'Union européenne a décidé de geler des milliards de fonds dans l'attente de réformes anti-corruption.


Parmi les répercussions inattendues révélées cette semaine par le journal Nepszava, une vingtaine d'établissements hongrois d'éducation supérieure où les libertés académiques ne sont plus garanties ne seront plus éligibles en 2024.


Deux programmes sont concernés: les échanges d'étudiants Erasmus et Horizon Europe, consacré à la recherche. 


La Commission européenne a fait état
"d'inquiétudes"
devant
"l'implication de hauts responsables politiques"
dans les fondations universitaires, mises en place en avril 2021. 

Plusieurs membres du gouvernement siègent actuellement pour une durée indéterminée dans les conseils d'administration, un modèle visant à moderniser l'éducation selon Viktor Orban en renforçant la coopération avec le secteur privé.


Mais ses détracteurs y voient une nouvelle étape dans la mission qu'il s'est fixée de réorienter la société hongroise vers les valeurs patriotiques et religieuses.


La fin des subventions a été qualifiée de
"bombe atomique larguée sur l'enseignement supérieur"
hongrois par un professeur de l'université ELTE de Budapest, Janos Fazekas.

Elle affectera
"gravement les étudiants, les enseignants, les chercheurs et les autres employés des institutions concernées"
, a déploré jeudi dans un communiqué le Réseau hongrois des universitaires (OH), un organisme représentant les enseignants.

"La responsabilité de cette catastrophe n'incombe pas à l'UE, mais uniquement au gouvernement hongrois"
, a-t-il ajouté. 
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