La mort de Renee Good, abattue par un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans l’État du Minnesota, a produit un effet inverse à celui recherché par la rhétorique de l’administration Trump sur la lutte contre l’immigration illégale. Citoyenne américaine et mère de trois enfants, Good a été tuée par balles alors qu’elle tentait de s’éloigner des lieux, provoquant une onde de choc et élargissant considérablement les manifestations anti-ICE. Le fait que l’ICE, chargée au nom de l’État
La mort de Renee Good, abattue par un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans l’État du Minnesota, a produit un effet inverse à celui recherché par la rhétorique de l’administration Trump sur la lutte contre l’immigration illégale. Citoyenne américaine et mère de trois enfants, Good a été tuée par balles alors qu’elle tentait de s’éloigner des lieux, provoquant une onde de choc et élargissant considérablement les manifestations anti-ICE.
Le fait que l’ICE, chargée au nom de l’État fédéral d’assurer la sécurité des frontières, tente dans plusieurs grandes villes américaines de contrôler l’identité et la citoyenneté de personnes jugées
dans la rue, signifie à la fois que les limites du conflit de compétences entre autorités fédérales et locales sont poussées à l’extrême et que les droits et libertés individuels dont l’Amérique se targue peuvent être violés avec une grande facilité.
Le choix de l’administration Trump de cibler non pas en priorité les États où vivent massivement des migrants sans papiers, mais des villes dirigées par des responsables démocrates ayant adopté des lois de protection en leur faveur, montre que la bataille migratoire s’est installée au cœur de la polarisation politique. Le fait que le discours de "loi et d’ordre" ne vise plus seulement les migrants
, mais puisse désormais toucher tout le monde, révèle à quel point les différences ethniques, linguistiques et d’origine nationale des citoyens américains sont devenues un matériau politique capable d’alimenter des conflits internes.
Le Minnesota ne figure pourtant pas parmi les dix premiers États en termes de concentration de migrants sans papiers.
Leur nombre, estimé à environ 130 000 personnes, représente 2,2 % de la population de l’État.
Ce chiffre reste sans commune mesure avec des États comme la Californie, le Texas, New York, le New Jersey ou la Floride, qui accueillent des millions de migrants.
En revanche, le Minnesota compte une communauté somalienne influente, représentée notamment par la députée musulmane Ilhan Omar, connue pour être l’une des voix les plus offensives du camp progressiste face à Trump. L’existence de lois permettant aux migrants sans papiers d’accéder aux services de santé et d’éducation conduit également le département de la Justice de Trump à considérer l’État comme un
En ouvrant une guerre à la fois juridique et politique contre les États ayant adopté des lois de protection, l’administration Trump cherche, par des démonstrations de force locales de l’ICE, à intimider d’autres villes afin qu’elles coopèrent davantage avec les autorités fédérales.
Le concept d’
est un terme récurrent utilisé par les républicains pour présenter les démocrates comme des partisans de l’anarchie, accusés de tolérer l’immigration illégale et de refuser l’application de la loi. Sous la présidence Biden, l’incapacité à agir rapidement pour freiner les passages à la frontière a permis à Trump d’exploiter largement ce thème en période électorale. Dans les villes dirigées par les démocrates, des mesures ont été prises pour permettre aux migrants sans papiers de bénéficier de nombreux services, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.
Par ailleurs, il a été interdit aux forces de l’ordre locales de demander le statut légal de ces personnes, et même la coopération avec des agences fédérales comme l’ICE a été limitée. Aujourd’hui, les méthodes de plus en plus dures de l’ICE poussent ces États à envisager des mesures encore plus fermes, allant jusqu’à tenter d’exclure les agents fédéraux de leurs villes. Cette dynamique crée un climat dangereux, susceptible d’opposer frontalement forces fédérales et autorités locales.
Après la mort de Renee Good
, les responsables locaux du Minnesota ont tenu des propos extrêmement sévères contre l’ICE et ont commencé à engager des démarches juridiques.
En se concentrant sur des États comme le Minnesota pour faire passer un message, l’administration Trump a qualifié les actes de Good de
et a affiché un soutien total aux agents de l’ICE. Or, les images vidéo montrant un usage manifestement inutile et disproportionné de la force ont sapé cette version des faits et déclenché une indignation massive.
Le fait que des agents fédéraux, envoyés sur le terrain pour faire respecter la loi, opèrent dans les rues le visage dissimulé et se livrent à une véritable chasse aux migrants montre qu’il ne s’agit plus de loi et d’ordre, mais de la normalisation d’une réalité où les mesures les plus sévères sont appliquées aux citoyens américains sur la base de leur apparence ou de leur accent.
Depuis des mois, les militants qui tentent de compliquer le travail de l’ICE sont devenus des cibles directes de l’administration Trump, pourtant censée garantir la loi et l’ordre. Cette dynamique, qui risque de provoquer un affrontement direct entre autorités fédérales et locales, annonce une période marquée par une hausse des manifestations et des violences.
La bataille migratoire, qui permet à l’administration Trump de tirer profit de la polarisation politique, commence désormais à produire des violences sociales visant aussi des citoyens américains. Lors du premier mandat de Trump, les protestations de masse contre les violences policières envers les Afro-Américains avaient joué un rôle déterminant dans la candidature de Joe Biden et dans le choix de Kamala Harris comme colistière.
Les politiques migratoires extrêmement dures du second mandat et la violence politique qu’elles alimentent auront, elles aussi, des conséquences.
Le fait que, dans de grandes villes américaines, non seulement des migrants sans papiers mais aussi des citoyens puissent être interpellés, détenus et violentés a ravivé de manière aiguë le débat sur les droits et libertés fondamentaux.
Il n’est pas difficile de prévoir que cette confrontation politique constituera l’un des principaux enjeux des élections de novembre.
L’administration, qui exerce également des pressions sur le système électoral, pourrait obtenir des résultats surtout dans les États républicains. En cherchant à s’approprier le discours de la loi et de l’ordre, l’administration Trump risque de se retrouver face à une crise politique qu’elle aura du mal à maîtriser, tant en raison des conflits de compétences entre niveaux fédéral et local que des atteintes aux droits et libertés fondamentaux.
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