
Le prix du gaz européen a de nouveau bondi ce mardi, progressant de plus de 30% en séance, sous l’effet des tensions persistantes au Moyen-Orient et de la paralysie du détroit d’Ormuz, passage clé pour les exportations mondiales d’hydrocarbures.
Vers 08H50 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais (Title Transfer Facility), principal hub gazier européen servant de référence pour les transactions sur le continent, grimpait de plus de 23% après avoir progressé de plus de 33% plus tôt dans les échanges, à 59,445 euros le mégawattheure (MWh). Il s’agit d’un niveau inédit depuis février 2023, dans le sillage de la flambée des prix consécutive à la guerre en Ukraine.
Cette nouvelle envolée intervient après la suspension, lundi, de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par la compagnie publique qatarie QatarEnergy, à la suite d’attaques de drones iraniens visant deux de ses principaux sites de traitement. Le GNL désigne du gaz naturel refroidi à -162°C afin d’être transporté par navire.
Phase délicate de reconstitution de ses réserves
Entre 10 et 15% des importations européennes de gaz proviennent du Qatar. Si l’essentiel du GNL qatari est destiné aux marchés asiatiques, notamment à la Chine, la réduction du trafic dans le détroit intensifie la concurrence mondiale pour les cargaisons disponibles.
Les analystes soulignent que l’Europe abordait déjà une phase délicate de reconstitution de ses réserves en vue de l’hiver prochain. Selon Jonathan Schroer, d’UniCredit, les stocks européens n’étaient remplis qu’à 30% fin février, contre 62% un an plus tôt.
La baisse des niveaux de stockage, combinée aux risques persistants sur les voies d’approvisionnement, accentue la pression sur les marchés européens de l’énergie, dans un contexte de forte dépendance aux importations de gaz naturel liquéfié.










