Macron inaugure à Paris un mémorial du génocide des Tutsi et salue un "travail de vérité" entre la France et le Rwanda

La rédaction avec
11:423/06/2026, mercredi
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Le président français Emmanuel Macron a inauguré, à Paris, en compagnie de son homologue rwandais Paul Kagamé, un mémorial en hommage aux victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, le 2 juin 2026.
Crédit Photo : @EmmanuelMacron / X
Le président français Emmanuel Macron a inauguré, à Paris, en compagnie de son homologue rwandais Paul Kagamé, un mémorial en hommage aux victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, le 2 juin 2026.

Le président français Emmanuel Macron a inauguré ce mardi à Paris un mémorial en hommage aux victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, saluant "l’aboutissement d’un long et patient travail de vérité" mené par la France depuis plusieurs années sur son rôle avant et pendant les massacres de 1994.

Lors d’une cérémonie organisée sur les quais de Seine en présence du président rwandais Paul Kagame, Emmanuel Macron a estimé que ce monument constituait également
"un jalon vers l’avenir"
dans le rapprochement engagé entre Paris et Kigali.
"Ce monument est un aboutissement, il inscrit le génocide des Tutsi au cœur de notre capitale, de notre histoire"
, a déclaré le chef de l’État français.
Le président a rappelé les déclarations prononcées à Kigali en mai 2021, lorsqu’il avait reconnu
"les responsabilités"
de la France
"dans un engrenage qui a conduit au génocide des Tutsi".
"Depuis ces mots prononcés, un rapprochement inédit s’est dessiné entre le Rwanda et la France"
, a-t-il ajouté, remerciant Paul Kagame d’avoir
"accueilli"
cette reconnaissance.

Un mémorial sur les quais de Seine

Baptisé "L’Archive", le mémorial a été érigé à l’initiative de l’État français et de la mairie de Paris sur les bords de Seine. L’œuvre a été conçue par l’artiste Grada Kilomba comme
"un lieu de recueillement et de transmission intergénérationnelle",
selon l’Élysée.

La cérémonie a également été marquée par le témoignage de Jeanne Uwimbabazi, rescapée du génocide, ainsi que par une lecture du chanteur et écrivain Gaël Faye d’un texte de l’autrice franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse.

Une relation franco-rwandaise longtemps fracturée

Le génocide des Tutsi au Rwanda a fait plus de 800.000 morts entre avril et juillet 1994, principalement au sein de la minorité tutsi, selon les Nations unies. Les massacres avaient été déclenchés après l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana et orchestrés par des extrémistes hutu.

Le rôle de la France, alliée de l’ancien pouvoir hutu rwandais, est resté pendant des années un sujet de fortes tensions diplomatiques entre Paris et Kigali, allant jusqu’à une rupture des relations entre 2006 et 2009.
Paul Kagame, ancien chef du Front patriotique rwandais (FPR), mouvement rebelle ayant mis fin au génocide, a longtemps accusé la France de
"complicité"
.
Mandatée par Emmanuel Macron en 2019, une commission d’historiens avait conclu à une
"responsabilité accablante"
de la France dans le génocide, tout en écartant toute complicité directe.

Poursuite du travail mémoriel et judiciaire

L’Élysée a indiqué que cette inauguration s’inscrivait dans un processus de réconciliation fondé sur
"le dialogue, la recherche et la vérité"
, mais aussi sur
"une intensification des efforts de justice"
.

Plusieurs procédures judiciaires visant d’anciens responsables présumés du génocide sont toujours en cours en France. Début mai, la justice française a notamment demandé la poursuite des investigations concernant une éventuelle implication de l’ex-Première dame rwandaise Agathe Habyarimana.​​​​​​​


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