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Boycott des produits israéliens: Fraude à l'étiquetage dans les supermarchés français

Dans un contexte de génocide à Gaza, des internautes mettent en lumière les pratiques douteuses de plusieurs enseignes commerciales en France, qui dissimulent délibérément l'origine israélienne de certains produits, en contradiction avec la loi et le respect des consommateurs.

La rédaction
10:23 - 4/03/2024 Pazartesi
MAJ: 11:52 - 4/03/2024 Pazartesi
Yeni Şafak
Des avocats israéliens étiquetés "Origine: Mexique", dans un magasin Aldi de Saint-André-de-Cubzac, dans le sud-ouest de la France.
Crédit Photo : Al-Kanz / X
Des avocats israéliens étiquetés "Origine: Mexique", dans un magasin Aldi de Saint-André-de-Cubzac, dans le sud-ouest de la France.
Dans un contexte de guerre israélienne à Gaza,
le mouvement de boycott des produits israéliens s'est intensifié ces dernières années
, avec un soutien croissant de la part de citoyens et d'organisations de la société civile en France et dans le monde entier.

Selon les informations divulguées,
plusieurs grandes enseignes commerciales en France auraient été impliquées dans cette fraude
, utilisant des techniques telles que le reconditionnement des produits, la modification des étiquettes ou encore la falsification des informations sur les sources d'approvisionnement.
Ces pratiques viseraient à maintenir la vente de produits israéliens sur le marché français, malgré les protestations des consommateurs.

Nous avons interrogé Fateh Kimouche, fondateur du site d'informations
, qui dénonce ces pratiques depuis plusieurs années.

Nouvelle Aube: La fraude à l’étiquetage pour camoufler l’origine d’un produit israélien est-elle courante ?

Fateh Kimouche:
Ce qui est certain, c’est qu’elle ne date pas du génocide en cours à Gaza. Sur Al-Kanz, nous avons consacré quelques articles à ce type de fraudes. On peut citer ce cas en 2011 dans un hypermarché Auchan à Vigneux-sur-Seine, dans l’Essonne. Des mangues d’Israël se sont vues attribuer une origine… dominicaine.

Lidl, Carrefour, Leclerc, Grand Frais, Monoprix, Intermarché, etc. ne sont pas en reste. Cette pratique est systémique, comme on peut le constater depuis quelques semaines. De nombreux internautes, lectrices et lecteurs d’Al-Kanz, ont pris des photos de ces pratiques illégales dans des magasins partout en France : toutes les enseignes sont concernées.

À chaque fois, soit l’origine des produits d’Israël est associée à d’autres pays, soit l’origine Israël est proprement supprimée de l’affiche prix. On a ainsi vu, pour un même lot d’avocats, jusqu’à six pays dans un magasin Lidl. Comment, dans ces conditions, les consommateurs peuvent-ils faire leurs courses en âme et conscience ? Ce n’est plus un acte d’achat, c’est de la loterie. Quand l'origine est supprimée, le magasin indique "Maroc", "Colombie", "Mexique", etc.

Exemple de dissimulation d'origine israélienne des produits dans la chaine de magasins Aldi

Nouvelle Aube: Quels produits cela concerne-t-il ?

Fateh Kimouche:
Ce sont des fruits et des légumes importés d’Israël, voire des colonies considérées illégales selon le droit international. Notons à cet égard que même quand elles respectent la loi et leurs clients, les enseignes de la grande distribution ne précisent jamais quand des produits proviennent desdites colonies. Elles sont pourtant obligées de mentionner non pas "origine Israël", mais "produits issus des colonies israéliennes".

Dans le magasin Lidl de Voiron, près de Grenoble, il est indiqué "origine Chili" pour les avocats israéliens.

Nouvelle Aube: Quelles enseignes sont les plus concernées ?

Fateh Kimouche:
Toutes ou presque. Celles pour lesquelles j’ai publié des photos afin de rendre publiques ces pratiques – dans notre société de l’image, ce qui n’est pas vu n’existe pas – sont les suivantes: Monoprix, Naturalia, Leclerc, Carrefour (évidemment), Auchan, Lidl, Aldi, Grand Frais, Intermarché, Super U.

Nouvelle Aube: Que risquent les enseignes se prêtant à ces pratiques ?

Fateh Kimouche:
La loi en France est très stricte en matière d’étiquetage. "Les denrées alimentaires présentées à la vente doivent proposer un étiquetage clair et précis afin d’informer au mieux le consommateur", indique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

La tromperie sur l’origine géographique des produits est une pratique commerciale trompeuse. Selon le Code de la consommation (articles L. 121-2 à L. 121-4), un magasin incriminé peut être amené à payer des amendes administratives particulièrement salées. Elles peuvent atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel. S’il y a récidive, le montant est doublé. Ces enseignes risquent en outre des sanctions pénales et de voir leur réputation écornée.

Mobilisation citoyenne et réactivité des autorités


Face à ces pratiques illégales, des citoyens se mobilisent activement en signalant les fraudes à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui se montre réactive dans le traitement de ces signalements. Cette action citoyenne contraint les enseignes commerciales à se conformer strictement à la loi en matière d'étiquetage des produits. Aussi, la vigilance des consommateurs joue un rôle crucial dans la lutte contre ces pratiques frauduleuses, incitant ainsi les entreprises à adopter des mesures transparentes et respectueuses de la réglementation en vigueur.



De même, les autorités françaises sont appelées à agir rapidement et de manière décisive pour enquêter sur ces pratiques frauduleuses et garantir que les consommateurs disposent d'informations transparentes et fiables sur l'origine des produits qu'ils achètent. Les entreprises impliquées doivent être tenues responsables de leurs actions et être contraintes de respecter les normes dans leurs opérations commerciales.


Enfin, ce genre de pratiques commerciales douteuses démontre à chacun que le boycott des produits israéliens fonctionne.


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3 ay önce