France/Mineurs étrangers déscolarisés: l'Aide sociale à l'enfance du Nord pointée du doigt

15:5525/10/2024, الجمعة
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En France, lorsqu'un jeune exilé est évalué mineur, c'est l'Aide sociale à l'enfance qui prend le relais. Mais dans cet ancien hôtel, aucun de ces dispositifs n'a été mis en œuvre.
Crédit Photo : Alexas_Fotos / Pixabay
En France, lorsqu'un jeune exilé est évalué mineur, c'est l'Aide sociale à l'enfance qui prend le relais. Mais dans cet ancien hôtel, aucun de ces dispositifs n'a été mis en œuvre.

En France, l'Aide sociale à l'enfance du département du Nord est à nouveau pointée du doigt. À côté de Dunkerque, une soixantaine de mineurs étrangers ont été placés sans accompagnement dans un hôtel désaffecté, selon des médias français.

Sans école, sans formation, sans activités ludiques pour occuper leur journée, ces jeunes sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs mois alors que cet hébergement devait n'être que provisoire. La Ligue des droits de l'Homme a saisi la Défenseure des droits pour leur venir en aide, souligne RFI.


En France, lorsqu'un jeune exilé est évalué mineur, c'est l'Aide sociale à l'enfance qui prend le relais. Elle est pilotée par les départements et se charge de trouver un logement et de l'inscrire à l'école ou en formation.
Mais dans cet ancien hôtel, aucun de ces dispositifs n'a été mis en œuvre, rappelle le média français.

"À chaque fois, ils nous disent qu'ils ne peuvent rien faire tant qu'on n'a pas encore été transférés, qu'on ne peut pas partir à l'école et qu'on ne peut pas s'occuper de nous",
témoigne un des jeunes résidents de l'hôtel dans un message adressé à RFI.

Quand on se réveille le matin, on va prendre notre petit-déjeuner à 8 h, dès qu'on a fini de manger, on rentre dans notre chambre, on va se coucher.

"Nous sommes deux dans la chambre, on ne fait rien ici, on vit très mal ici
, poursuit-il.

L'association Coallia, qui est conventionnée pour accompagner ces mineurs, n'a que partiellement répondu aux questions de RFI.
Selon elle, il est
"difficile de mobiliser les établissements scolaires"
puisque les jeunes ne sont censés rester sur ces dispositifs que pour cinq jours maximum, rapporte le même média soulignant que ceux qu'ils ont contactés
"sont là depuis au moins quatre mois et ont loupé la rentrée scolaire".

"Pour ces mineurs, il y a un enjeu qui est totalement déterminant",
affirme Bernard Champagne, co-président de la Ligue des droits de l'Homme à Dunkerque, très préoccupé par cette situation.

"Quand ils vont avoir 18 ans, l'obtention de leur titre de séjour est aussi tributaire du parcours scolaire éducatif dans lequel ils sont. S'ils n'y sont pas, il y a une argumentation ouverte par la préfecture en disant qu'ils ne sont pas dans un processus d'intégration et d'insertion et donc, qu'ils n'auront pas de titre de séjour".
Et d'ajouter:

En revanche, avec délicatesse, on leur offre une OQTF (Obligation de quitter le territoire français, ndlr).

Et c'est cette OQTF que redoutent certains de ces jeunes, coincés à l'hôtel, alors que leur 18ᵉ anniversaire approche à grands pas, souligne la même source.


Dans ce département, les travailleurs sociaux estiment que 1 000 enfants sont en attente d'un placement convenable.

La Défenseure des droits enquête d'ailleurs sur les dysfonctionnements de l'Aide sociale à l'enfance du Nord, depuis 2022, rappelle enfin RFI.


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