La CPI blanchit son procureur Karim Khan des accusations de misconduct

La rédaction avec
11:2622/03/2026, Pazar
Yeni Şafak
(ARCHIVES) Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, pose pour une photo au siège de la CPI à La Haye, le 27 mai 2022.
Crédit Photo : JOHN THYS / AFP
(ARCHIVES) Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, pose pour une photo au siège de la CPI à La Haye, le 27 mai 2022.

Le procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été officiellement blanchi de toute accusation de faute ou de manquement professionnel à l’issue d’un examen conduit par un panel de juges indépendants, selon une information exclusive révélée par Middle East Eye (MEE).

D’après plusieurs sources diplomatiques citées par MEE, le rapport confidentiel remis le 9 mars au Bureau de l’Assemblée des États parties (ASP), organe de supervision de la CPI, conclut unanimement que les éléments réunis par l’enquête des Nations unies
"n’établissent aucun misconduct ni violation des obligations professionnelles".

Une enquête approfondie mais non concluante

Le panel de trois juges avait été chargé d’examiner les conclusions d’un rapport de 150 pages établi par le Bureau des services de contrôle interne des Nations unies (OIOS), ainsi que plus de 5 000 pages de preuves. Les juges ont appliqué le standard juridique le plus élevé, celui du
"doute raisonnable".

Malgré l’ampleur de l’enquête, aucune preuve suffisante n’a été identifiée pour confirmer les accusations de misconduct sexuel portées contre Karim Khan, qui a toujours nié les faits.

Une institution fragilisée

Cette affaire avait plongé la CPI dans une situation inédite d’incertitude. Karim Khan s’était mis en retrait depuis mai 2025, laissant ses adjoints assurer l’intérim.

Le Bureau de l’ASP doit désormais décider de clore officiellement l’enquête. Conformément aux règles internes, si l’absence de faute est confirmée, la procédure devrait être abandonnée.

Un contexte politique explosif

Ces accusations sont survenues dans un climat particulièrement tendu, alors que le bureau du procureur mène une enquête sur de possibles crimes de guerre commis par des responsables israéliens dans le cadre du conflit à Gaza.

En mai 2024, Karim Khan avait sollicité des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Cette initiative a déclenché de fortes pressions diplomatiques.

Selon MEE, les États-Unis ont imposé depuis 2025 des sanctions financières et des restrictions de visa visant Karim Khan, ses collaborateurs ainsi que plusieurs juges de la CPI. Israël et ses alliés ont également contesté la compétence de la Cour et demandé la récusation du procureur.

Par ailleurs, des révélations antérieures évoquent des tentatives d’influence politique, notamment un appel du ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, David Cameron, qui aurait menacé de retirer le soutien du Royaume-Uni à la CPI.

Des accusations contestées dès l’origine

Les accusations de misconduct ont été portées à la connaissance de Karim Khan le 2 mai 2024, le jour même où il s’apprêtait à annoncer les mandats d’arrêt contre des responsables israéliens.

Le procureur a dénoncé des allégations reposant, selon lui, sur des
"spéculations trompeuses"
et un récit biaisé.

En conclusion, cette décision renforce la position de la CPI et de son procureur Karim Khan, tout en mettant en lumière les fortes tensions politiques entourant ses enquêtes sensibles sur les crimes de guerre présumés.

À lire également :

#CPI
#Karim Khan
#enquête
#misconduct
#ONU
#Israël
#Gaza
#justice internationale
#mandats d’arrêt
#politique