Crédit Photo : LUDOVIC MARIN / AFP
Le président français Emmanuel Macron participe à la session jeunesse "Africa Forward : Inspire and Connect" dans le cadre du sommet Africa Forward à Nairobi, le 11 mai 2026.
Le président français Emmanuel Macron a défendu lundi à Nairobi, une nouvelle vision du partenariat entre la France et l’Afrique, fondée sur "l’investissement", la souveraineté commune et un "panafricanisme positif", en affirmant que Paris n’avait "plus totalement les moyens" d’une politique d’aide classique envers le continent.
Intervenant lors de la séquence jeunesse "Africa Forward : Future Makers", organisée en marge du Sommet Afrique-France au Kenya, Emmanuel Macron a multiplié les messages à destination des jeunes entrepreneurs, créateurs et innovateurs africains, appelant à bâtir un récit africain porté
"par les Africaines et les Africains eux-mêmes"
.
"L’Afrique n’a pas besoin qu’on lui explique ce qui est bon pour elle"
, a déclaré le chef de l’État français, rompant avec ce qu’il a présenté comme les anciens schémas des relations euro-africaines.
"Le président [du Kenya] l'a très bien dit hier: 'Nous, on ne veut plus ça, on n’a pas besoin que vous nous aidiez' (…) et ça tombe bien parce que nous, on n’a plus totalement les moyens non plus"
, a-t-il ajouté, estimant que le continent africain avait désormais surtout besoin
"d’investissements pour être plus souverain".
Le président français a insisté sur la nécessité pour l’Europe et l’Afrique de mener ensemble
pour la souveraineté technologique, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, des infrastructures numériques, du cloud, des systèmes de paiement et de l’énergie.
Discours "revanchards" ou "anti-occidentaux"
Selon lui, l’Afrique et l’Europe partagent un défi commun face à la domination technologique des États-Unis et de la Chine.
"Beaucoup de solutions sont faites aux États-Unis ou en Chine. Nous sommes souvent des consommateurs. Nous devons construire notre autonomie stratégique ensemble"
, a-t-il affirmé.
Emmanuel Macron a également mis en avant les investissements français dans la formation numérique et les talents africains, saluant notamment l’engagement de Orange, opérateur français de télécommunications, qui prévoit, selon lui, l’ouverture de 50 centres de formation destinés à former un million de jeunes Africains d’ici 2030.
Le président français a par ailleurs salué l’émergence d’un
, qu’il a opposé aux discours
ou
.
"Il y a un panafricanisme de votre génération qui veut bâtir son continent, attirer les investissements du monde entier et choisir librement son avenir"
, a-t-il déclaré.
Dans une autre partie de son intervention, Emmanuel Macron a aussi défendu les diasporas africaines en France, appelant les jeunes binationaux à assumer pleinement leur double appartenance.
"Nous voulons être partie prenante du futur de l’Afrique"
"Soyez totalement françaises et totalement africaines"
, a-t-il lancé à plusieurs participantes, estimant que les diasporas constituaient
pour la France.
"Pendant trop d’années, on leur a dit : excuse-toi d’être d’une diaspora (…) Or nous avons besoin de ces jeunes qui veulent conquérir le monde"
, a-t-il poursuivi.
Le président français a enfin lié directement l’avenir de l’Afrique à celui de l’Europe, affirmant que les deux continents étaient désormais interdépendants.
"Si vous échouez, nous n’avons aucune chance"
, a-t-il déclaré, évoquant notamment les enjeux migratoires, économiques et technologiques.
"Nous voulons être partie prenante du futur de l’Afrique (…) avec un partenariat généreux, équilibré et lucide"
, a conclu Emmanuel Macron.
Le chef de l'Etat français est arrivé dans la capitale kényane dimanche où il va assister avec son homologue kényan William Ruto à la signature d’accords entre des entreprises françaises et kényanes.
William Ruto est de fait devenu un acteur incontournable des nouveaux liens franco-africains pour Emmanuel Macron, désireux de s’extirper des déboires accumulés en Afrique francophone, notamment au Sahel.
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