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France: L'affaire Iquioussen devant la justice administrative

Ce lundi 26 février, le tribunal administratif de Paris a examiné un recours en "excès de pouvoir" contre l'arrêté d'expulsion émis par le ministère de l'Intérieur en juillet 2022 à l'encontre de Hassan Iquioussen.

La rédaction
20:01 - 27/02/2024 mardi
MAJ: 20:12 - 27/02/2024 mardi
Yeni Şafak
L'imam marocain Hassan Iquioussen à la sortie du tribunal de Mons, le 10 novembre 2022.
Crédit Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
L'imam marocain Hassan Iquioussen à la sortie du tribunal de Mons, le 10 novembre 2022.
Né et ayant toujours vécu en France, cet imam conteste les accusations de
"propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d'une vision de l'islam contraire aux valeurs de la République"
qui lui ont été imputées. Expulsé vers le Maroc en janvier 2023 depuis la Belgique où il avait trouvé refuge, Iquioussen s'efforce désormais de faire valoir ses arguments devant la justice.

Bien que le ministère de l'Intérieur n'ait pas été représenté lors de l'audience, les conclusions lues par le rapporteur public justifient l'expulsion en mettant en avant des discours susceptibles de
"provoquer la haine, la discrimination ou la violence"
à l'encontre des juifs et des femmes. En outre, l'imam se voit également reprocher des propos récurrents de
"victimisation"
des musulmans, susceptibles d'engendrer
"un sentiment de crainte, haine ou révolte envers les non-musulmans".

Cependant, l'avocate de l'imam, Me Simon, s'insurge contre ces accusations, arguant que
"la dénonciation de l'islamophobie n'est pas une incitation en soi"
. De plus, elle minimise les positions conservatrices de M. Iquioussen, soulignant que ces points de vue sont courants et ne constituent pas une menace pour l'ordre public.

L'avocate insiste sur le fait que pour justifier une expulsion, la menace à l'ordre public doit être à la fois grave et actuelle, et que la pensée d'un individu peut évoluer avec le temps.


Elle rappelle à cet égard une déclaration de l'actuel ministre de l'Intérieur en 2012, Gérald Darmanin, sur le mariage homosexuel, pour laquelle il s'est excusé. Elle plaide ainsi pour une prise en compte de cette évolution dans le cas d'Iquioussen.

La décision du tribunal est attendue pour le 11 mars prochain.


À noter que la procédure d'expulsion subie par Hassan Iquioussen soulève des questions sur sa légitimité, étant donné qu'il n'a jamais été condamné ni interdit de prêcher pendant toutes les années où il était en France.


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