Big Tech traque le web, même sans compte

16:1625/02/2026, Çarşamba
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Des pixels invisibles permettent aux géants technologiques de collecter des données personnelles, y compris sur des internautes sans compte.
Crédit Photo : X /
Des pixels invisibles permettent aux géants technologiques de collecter des données personnelles, y compris sur des internautes sans compte.

Les géants de la technologie exploitent des pixels de suivi invisibles pour collecter des données personnelles d’internautes, y compris de personnes ne disposant d’aucun compte sur leurs plateformes.

À mesure que la publicité numérique évolue, les grandes entreprises technologiques génèrent des profits massifs en déployant des fichiers graphiques transparents sur des millions de sites web et de courriels. Les données recueillies vont des adresses IP et des produits consultés jusqu’à des diagnostics médicaux sensibles, ces informations étant transmises directement aux serveurs des entreprises.

Ces données sont utilisées pour cibler plus précisément les publicités, augmentant significativement leur efficacité.


Profils fantômes et surveillance étendue


L’un des aspects les plus controversés de l’écosystème actuel de surveillance numérique est l’utilisation de
"profils fantômes"
. Les plateformes peuvent collecter et stocker des données sur des non-utilisateurs sans leur consentement, en exploitant des informations issues de leurs cercles sociaux et de leur activité en ligne.

Les adresses IP et les empreintes numériques des navigateurs permettent aux entreprises de construire des identités numériques cohérentes. Si une personne crée ultérieurement un compte, des années de données comportementales accumulées peuvent être instantanément associées à ce nouveau profil.


La maison mère de Google, Alphabet Inc., exploite le réseau de suivi le plus étendu du web, selon l’outil Tracker Radar développé par DuckDuckGo, qui affirme avoir mis au jour un
"suivi caché"
.

D’après ce rapport, Google peut observer des données d’utilisateurs sur environ 70% des sites visités. Microsoft suit 30% des sites et Facebook 19,7%. La maison mère de TikTok, ByteDance, disposerait de traceurs sur environ 5% des sites web.


Données de santé et risques juridiques


Ces outils de suivi s’étendent à des secteurs sensibles comme le système de santé des États-Unis. Selon une étude publiée dans la revue académique PNAS Nexus, 66% des hôpitaux américains utilisent des pixels de suivi sur leurs sites internet.

Ces pixels transmettent notamment des informations sur les cliniques consultées ou les pathologies recherchées par les patients à des entreprises technologiques. Le système de santé à but non lucratif Advocate Aurora Health a ainsi utilisé Meta Pixel et Google Analytics pour améliorer ses services, selon l’étude.


Ces outils auraient transmis les données de santé personnelles d’environ trois millions de patients à des sociétés tierces, débouchant sur un recours collectif d’ampleur.


Si la technologie des pixels de suivi reste légale, la collecte de données est encadrée par des réglementations comme le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne ou la loi sur la protection des données personnelles (KVKK) en Türkiye.

Les entreprises doivent obtenir un consentement explicite, libre et éclairé pour tout suivi non essentiel à des fins publicitaires ou de profilage. Aux États-Unis, le partage de données sensibles sans consentement peut entraîner de lourdes sanctions. Plus de 50 recours collectifs ont été déposés contre Meta Platforms et Google concernant l’usage de pixels dans le secteur de la santé.


La Federal Trade Commission a qualifié l’utilisation non divulguée de pixels de suivi de pratique trompeuse et a infligé des amendes totalisant plusieurs millions de dollars.


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