Houria Bouteldja dénonce la répression pro-palestinienne

La rédaction
16:0314/05/2026, Perşembe
Yeni Şafak

Le Forum mondial de la décolonisation 2026 s’est tenu les 11 et 12 mai au Centre culturel Atatürk à Istanbul. En marge de l’événement, la militante anticoloniale Houria Bouteldja a évoqué la répression des voix pro-palestiniennes en France, qu’elle relie à des héritages coloniaux et à des rapports de force politiques au sein de l’État. Les discussions du forum ont également porté sur Gaza, les médias, le colonialisme algorithmique et les transformations géopolitiques contemporaines.

Le Forum mondial de la décolonisation 2026 s’est tenu les 11 et 12 mai au Centre culturel Atatürk à Istanbul, réunissant universitaires, journalistes, chercheurs et intellectuels autour des héritages coloniaux et des transformations géopolitiques contemporaines. Organisé par l’Institute Social sous le thème "Décoloniser la production et la circulation des savoirs", l’événement a abordé les liens entre colonialisme, médias, pouvoir politique et domination culturelle dans le monde contemporain.

Parmi les interventions marquantes du forum figure celle de la militante anticoloniale française Houria Bouteldja, ancienne porte-parole du Parti des Indigènes de la République, qui a accordé un entretien en marge des discussions.

Interrogée sur la situation des soutiens à la Palestine en France depuis le début de la guerre à Gaza, Houria Bouteldja a estimé que la forte répression visant certaines voix pro-palestiniennes s’explique par des rapports de force historiques et idéologiques profondément ancrés dans les institutions françaises.

Selon elle,
"les forces les plus réactionnaires du pays sont des forces coloniales, racistes et impérialistes"
qui ont
"créé un véritable rapport de force à l’intérieur de l’État"
. La militante a également évoqué les débats autour de la liberté d’expression, du traitement médiatique de la question palestinienne et des tensions politiques autour des mobilisations de solidarité avec Gaza.

Le forum s’est intéressé à la manière dont les structures héritées de l’époque coloniale continuent d’influencer les systèmes politiques, économiques et culturels contemporains. Les discussions ont notamment porté sur les inégalités dans la circulation de l’information, les transformations technologiques et les nouvelles formes de domination intellectuelle dans les espaces médiatiques et numériques.

Parmi les participants figuraient plusieurs personnalités internationales du monde académique et intellectuel, dont Walter Mignolo, Mireille Fanon-Mendès France, Lilian Thuram, Joseph Massad ou encore Kemal Sayar.


Gaza, héritages coloniaux et débats sur la liberté d’expression


Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont établi un lien entre les débats sur la décolonisation et la guerre à Gaza. Les discussions ont porté sur les rapports de pouvoir dans les institutions internationales, le traitement médiatique du conflit et la place des voix critiques dans les sociétés occidentales.

Houria Bouteldja a notamment évoqué la persistance, selon elle, de logiques coloniales dans certains discours politiques européens contemporains. Elle a également souligné l’importance croissante des mobilisations internationales autour de la Palestine, notamment parmi les jeunes générations et les mouvements antiracistes.

Les débats ont également abordé le colonialisme algorithmique, concept utilisé pour décrire les déséquilibres de pouvoir dans la production et la circulation des contenus numériques. Plusieurs chercheurs ont alerté sur les effets des plateformes numériques dans la hiérarchisation des récits mondiaux et dans la marginalisation de certaines voix politiques et médiatiques.


Istanbul comme espace de dialogue international


En accueillant le Forum mondial de la décolonisation les 11 et 12 mai, la Türkiye a cherché à renforcer son rôle de plateforme de dialogue entre différentes traditions intellectuelles et différentes régions du monde. Le choix d’Istanbul comme ville hôte a illustré la volonté des organisateurs de créer un espace d’échange autour des enjeux liés aux héritages coloniaux, aux transformations géopolitiques et aux nouvelles dynamiques du monde multipolaire.

ernationaux ont participé au forum, parmi lesquels Al Jazeera Centre for Studies, Fudan University, University of Leeds et CLACSO.

Les organisateurs ont présenté cette rencontre comme la première étape d’un programme de réflexion plus large devant se poursuivre jusqu’en 2030 à travers des publications académiques, des conférences et des productions médiatiques consacrées aux enjeux de la décolonisation contemporaine.


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