
Ces positions reflètent-elles réellement le sentiment de l’Union européenne envers la Türkiye ? Durant des décennies de parcours européen, est-ce cela que nous avons toujours trouvé face à nous ? Si tel est le cas, comment la Türkiye doit-elle considérer l’Europe dans la recherche d’un nouvel ordre mondial ?
Les relations entre la Türkiye et l’Union européenne regorgent d’exemples où l’Europe considère Ankara comme un acteur extérieur et inférieur. Cette attitude s’inscrit dans une longue histoire de blocages, souvent justifiés selon les contextes, à commencer par le fait que la Türkiye est un pays musulman et démographiquement important…
Au-delà de ces déclarations, qui relèvent moins de dérapages isolés que d’une structure mentale occidentale profondément ancrée et biaisée, il faut également analyser leur moment d’apparition…
Alors que l’Union européenne décrit la Türkiye comme un élément à tenir à distance, presque comme une maladie contagieuse, le Royaume-Uni, lui, accueille Ankara…
Le texte aborde également d’autres domaines, de l’économie à l’industrie de défense, mais l’essentiel est là.
Que signifie alors l’écart entre les discours de l’Union européenne et ceux du Royaume-Uni ?
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne tentent de construire une vision commune sur les nouvelles architectures de sécurité et sur la manière d’intégrer la nouvelle géopolitique imposée par leurs relations avec les États-Unis. Mais ils ne s’accordent pas sur tout…
L’adhésion de la Grèce et de l’administration chypriote grecque à l’Union européenne, ainsi que le positionnement clairement favorable de l’UE dans les différends gréco-turcs, sans oublier leurs relations avec Israël, influencent directement les rapports entre l’Europe et la Türkiye…
Il y a aussi la question américaine. Les relations entre Londres et Washington ne sont plus ce qu’elles étaient, mais le Royaume-Uni diverge de Berlin et de Paris sur les solutions à apporter aux crises. Londres exerce une pression sur les États-Unis, notamment sur les politiques du Golfe et le dossier d’un conflit avec l’Iran, tout en cherchant des voies plus conciliantes sur la Russie…
Les relations des pays européens, Royaume-Uni inclus, avec la Chine sont également contrastées. Londres et ses partenaires, comme le Canada, affichent une certaine aisance à se rapprocher de Pékin. Berlin et Paris, eux, ne rejettent pas la Chine et multiplient les visites, mais restent plus prudents…
Ces grandes lignes montrent que, compte tenu de l’influence de la Türkiye en Europe de l’Est, dans les Balkans, au Moyen-Orient, en mer Noire et dans le bassin caspien, sans oublier la Russie, l’Europe comme le Royaume-Uni sont contraints de réfléchir profondément…
Ajoutons que les dirigeants européens sont eux-mêmes à la veille de transformations politiques et économiques majeures. L’instabilité interne est manifeste en France et en Allemagne. Toute erreur pourrait affecter la cohésion structurelle de l’Union européenne. Le Royaume-Uni n’est pas épargné non plus. Mais, quel que soit le gouvernement, les orientations envers la Türkiye et le Moyen-Orient relèvent d’une logique d’État…
Le paysage géopolitique mondial et les relations entre les États-Unis et l’Europe imposent un rapprochement entre l’Union européenne et la Türkiye. Mais cet "héritage toxique" ancré dans les mentalités européennes continue d’aveugler leur perception des nouvelles réalités…
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