Les ruptures en cours aux États-Unis

09:3919/03/2026, Perşembe
MAJ: 19/03/2026, Perşembe
Süleyman Seyfi Öğün

Les grandes puissances ne perdent pas toujours d’un coup. Elles s’épuisent, s’aveuglent, et finissent par tomber dans les pièges qu’elles ont elles-mêmes construits. C’est à partir de ce constat que l’on peut comprendre les évolutions actuelles de la politique américaine. De victoires faciles à l’illusion de toute-puissance En suivant la guerre entre les États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran de l’autre, une réalité s’impose peu à peu. Après la fin de la Guerre froide, ce qui s’est produit en

Les grandes puissances ne perdent pas toujours d’un coup. Elles s’épuisent, s’aveuglent, et finissent par tomber dans les pièges qu’elles ont elles-mêmes construits. C’est à partir de ce constat que l’on peut comprendre les évolutions actuelles de la politique américaine.


De victoires faciles à l’illusion de toute-puissance


En suivant la guerre entre les États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran de l’autre, une réalité s’impose peu à peu.

Après la fin de la Guerre froide, ce qui s’est produit en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Libye, en Syrie, et plus récemment au Venezuela, a été inscrit au bilan des États-Unis comme une série de grandes réussites. Il s’agissait, en réalité, de victoires faciles.
Ces
"succès"
ont profondément gonflé l’ego américain. Les États-Unis ont fini par croire qu’ils pouvaient écraser n’importe quel adversaire, en particulier ceux qu’ils considéraient comme étant d’un niveau inférieur.

C’est dans cet état d’esprit qu’ils ont abordé l’Iran, persuadés qu’ils pourraient le neutraliser rapidement.

Mais en l’espace de deux semaines, ils ont compris, de manière brutale, que cette hypothèse était fausse.

Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus clairement que les États-Unis se sont enlisés dans le Golfe. Chaque intensification des frappes confirme cet enlisement.
Chaque montée en puissance de la violence révèle l’inefficacité des attaques précédentes.

Ce processus d’escalade montre que l’issue est déjà écrite. Comme au Vietnam, l’augmentation de la force ne conduit pas à la victoire, mais à l’épuisement.

Certains jugeront ce constat prématuré. Pour ma part, je considère que les États-Unis ont déjà perdu.

Vietnam, Afghanistan, Iran : trois trajectoires, un même échec


Les États-Unis ont perdu au Vietnam. Mais ils ont su compenser cette défaite en mobilisant leur puissance économique.

Le Vietnam, après avoir remporté la guerre sur le terrain, a progressivement intégré le système capitaliste mondial et le système du dollar. Ce qu’il avait gagné militairement, il l’a en partie restitué par son intégration économique.

Des témoignages rapportent d’ailleurs qu’un restaurant
McDonald’s
a été ouvert juste en face de la maison modeste de
Ho Chi Minh
, aujourd’hui transformée en musée. Une image saisissante.
En Afghanistan, la situation est différente. Les États-Unis ont pris Kaboul, mais n’ont pas réussi à s’y maintenir. I
ls ont quitté le pays en laissant la place aux Talibans.
Ce n’est pas seulement une défaite, mais un échec stratégique.

En Iran, la situation est encore d’une autre nature.

Les États-Unis ne sont pas seulement en train de perdre militairement. Ils sont en train de démanteler, de leurs propres mains, le système qu’ils ont construit.

Le Golfe, point de bascule de la puissance américaine


Le système du pétrodollar, dont le Golfe constitue l’épine dorsale, est aujourd’hui fragilisé.

Et cette fragilisation est directement liée à une intervention précipitée,
encouragée par un Israël en crise politique, et menée sans véritable calcul stratégique.

L’objectif affiché était de contenir l’Iran et de sécuriser le Golfe. Le résultat est l’inverse : le Golfe lui-même est désormais en train de vaciller.

Or, l’effondrement du Golfe signifie l’effondrement du point de départ de l’hégémonie américaine.

Comme un acteur épuisé qui finit par se faire tomber lui-même, les États-Unis sont en train de provoquer leur propre chute.

Les dernières déclarations de l’Iran concernant le détroit d’Ormuz sont particulièrement révélatrices.
Téhéran a annoncé qu’il autoriserait le passage des pétroliers opérant en yuan.

C’est, sans doute, l’un des développements les plus critiques de ces derniers jours.


Une crise interne américaine de plus en plus visible


Dans le même temps, la situation politique intérieure américaine se détériore.

Donald Trump apparaît de plus en plus désorienté.
Son discours devient instable, parfois contradictoire.

Sa base électorale, notamment le courant MAGA, commence à se retourner contre lui.

Par ailleurs, l’hostilité envers Israël progresse au sein même de la société américaine.

La démission marquante du directeur de la lutte antiterroriste illustre cette fracture grandissante.

Tous ceux qui continuent de penser que
"les États-Unis gagnent toujours"
devraient revoir leurs calculs.

Car demain, il pourrait être trop tard.

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