
À Messebe, dans le 7e arrondissement de Yaoundé, la start-up Mo’o Terracotta Sarl mise sur l’argile locale pour produire des briques, pavés et carreaux en terre cuite. Cette alternative au béton et aux matériaux importés séduit par son coût, sa durabilité et ses qualités thermiques. Les fondateurs Jules Théodore Onana et Lazare Ohandja veulent valoriser une ressource disponible au Cameroun et développer une construction plus écologique, plus locale et mieux adaptée au climat.
À Messebe, dans le 7e arrondissement de Yaoundé, une terre rouge transforme peu à peu les habitudes de construction au Cameroun. Dans leurs ateliers, de jeunes ouvriers façonnent à la main des briques, des pavés et des carreaux en argile locale.
Cette alternative écologique, économique et durable séduit de plus en plus de Camerounais. Immersion dans l’univers de ces bâtisseurs de terre.
À Yaoundé, l’argile locale devient un matériau d’avenir
À Messebe, à Mkolbisson, la terre rouge tranche avec le vert dense de la forêt. Dans des ateliers construits eux-mêmes en briques de terre, de jeunes ouvriers moulent à la main des briques en terre cuite, sous le regard attentif de Jules Théodore Onana.
Cofondateur de la start-up Mo’o Terracotta Sarl, ce briquetier supervise la production tout en préparant les prochaines livraisons.
À peine l’appel terminé, il retourne auprès des ouvriers.
Sur un présentoir, les briques déjà fabriquées sèchent lentement. Jules Théodore Onana en saisit une.
La cadence s’accélère. Les pavés s’empilent les uns après les autres. La commande en cours est importante.
Une alternative écologique au béton importé
La fabrication suit plusieurs étapes. L’argile est d’abord extraite, puis pétrie et malaxée jusqu’à devenir homogène. Elle est ensuite transportée vers les tables de travail, avant le démoulage.
L’argile utilisée ne contient aucun additif.
Dans ce cadre verdoyant de Messebe, l’ambiance reste bon enfant. Lazare Ohandja, briquetier et cofondateur de la start-up, veille lui aussi à la qualité du travail.
Devant un immense four en terre cuite rouge, il explique la phase de cuisson.
Mo’o Terracotta mise sur une production locale
Lazare Ohandja explique avoir choisi ce métier pour répondre à une dépendance coûteuse aux matériaux importés.
La start-up fabrique aujourd’hui plusieurs produits: plaquettes, tomettes, tuiles, pavés, carreaux et briques. Les briques, très demandées, coûtent entre 200 et 400 francs CFA.
Pour Lazare Ohandja, l’argile représente une véritable opportunité économique.
Après la cuisson, les carreaux perdent toute leur eau et deviennent solides. Ils sont ensuite lavés avant d’être utilisés.
Selon lui, ces matériaux présentent aussi un avantage thermique.
Des briques pour construire plus frais et plus durable
Dans la cour des ateliers, une structure en briques rouges sert de zone de test grandeur nature.
Non loin de là, un chantier permet d’observer l’utilisation concrète de ces blocs de terre cuite. Les murs d’un bâtiment s’élèvent déjà.
Atangana, maçon spécialisé, explique que la construction est réalisée à 70% en blocs de terre cuite, afin de préserver la fraîcheur à l’intérieur.
Pour lui, l’avantage principal est clair.
Dans un pays où le béton domine encore largement la construction, la terre rouge reprend peu à peu sa place. À Yaoundé, elle apparaît désormais comme une promesse d’avenir, bâtie à même le sol camerounais.









