
Au Cameroun, les taxis-brousses constituent un moyen de transport indispensable pour relier les zones rurales enclavées. À Yaoundé, chauffeurs et passagers affrontent des conditions difficiles : véhicules vétustes, routes dégradées et longs trajets éprouvants. Entre surcharge, pannes mécaniques et pistes impraticables, ces trajets relèvent souvent de l’exploit. Malgré tout, ces conducteurs poursuivent leur activité pour survivre économiquement. Reportage sur une réalité quotidienne marquée par la débrouille et la résilience.
À Yaoundé, ils attendent sous des hangars brûlants, moteurs allumés ou capots ouverts. Vieilles berlines japonaises rafistolées, minibus fatigués, chauffeurs débrouillards et passagers résignés… Les taxis-brousses restent, au Cameroun, l’un des rares moyens de rallier les villes aux localités enclavées. Direction Makak, dans le Nyong-et-Kellé, pour un voyage éprouvant au cœur des pistes oubliées.
À la gare routière de Yaoundé, située au lieu-dit premier échangeur NVAN, dans la zone industrielle du quartier AHALA, non loin de la nationale numéro 1, l’agitation est déjà bien installée. Des toits de hangars luisent sous le soleil, sous lesquels attendent les véhicules en direction de leur destination. Devant ces hangars, le drapeau du Cameroun flotte au vent et de vieux véhicules, Carina-E, Avensis, Hiace, tous sollicités pour leurs moteurs résistants et puissants, leurs longs châssis et leur capacité à contenir bagages et passagers, sont alignés par destination.
Particularité de ces taxis-brousses: des véhicules à carrosserie renforcée, suspensions élevées et galeries montées en fer forgé pour supporter davantage de bagages.
Samnick Antoine Miller, chauffeur de taxi-brousse, plus par nécessité que par vocation, fait charger sa Carina-E par un "chargeur". Ce sont ces individus que l’on rencontre dans les gares routières du pays. Ils accostent les voyageurs, les aident à transporter leurs bagages et les chargent dans un véhicule correspondant à leur destination. Ils vivent de ce petit métier.
Après plusieurs arrêts et kilomètres éprouvants, le véhicule atteint Makak. Mais une panne immobilise le car.
Dans la nuit tombante, le voyage s’arrête ici… jusqu’au prochain départ.









