France : Aurore Bergé assure que le projet de loi contre l’antisémitisme "sera adopté" avant la fin du quinquennat

La rédaction avec
09:3427/04/2026, lundi
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La Ministre française déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.
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La Ministre française déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.

La ministre française déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a affirmé dimanche que le projet de loi contre l’antisémitisme "sera voté" avant la fin du quinquennat.

Invitée de l’émission "Dimanche en politique" sur France 3, la ministre a assuré que le gouvernement restait déterminé à faire aboutir ce texte, après le retrait, jeudi 16 avril, de la proposition de loi Yadan sur les nouvelles formes d’antisémitisme portée par la députée Caroline Yadan.

Aurore Bergé a indiqué avoir convié les présidents des groupes parlementaires à une réunion prévue mardi afin de travailler à l’élaboration d’un nouveau projet de loi.
Sur France 3, la ministre a affirmé que tous les groupes parlementaires avaient répondu présents à cette invitation
"sauf"
La France insoumise.

Une version contestée par Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, qui a assuré le contraire lors de son passage dans l’émission "Questions politiques".

"On va y aller parce qu’on a des choses à dire"
, a-t-elle déclaré.

"Travailler de manière transpartisane"

Aurore Bergé a par ailleurs précisé qu’elle porterait elle-même ce texte, en insistant sur sa volonté de repartir
"de zéro"
plutôt que de reprendre la proposition précédente.
"C’est une nouvelle loi, parce que si c’est une reprise à l’identique, cela voudrait dire que je ne serais pas sincère dans la démarche qui est la mienne, de travailler de manière transpartisane avec tous les groupes représentés à l’Assemblée et au Sénat"
, a-t-elle déclaré.

Dans son état proposé par la députée du groupe Renaissance, le texte prévoyait notamment l’extension du délit d’apologie du terrorisme, l’introduction de nouvelles infractions liées à la contestation ou à la remise en cause de l’existence d’un État, ainsi que la prise en compte de formes indirectes ou implicites de provocation à la haine.

Instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme

Ces dispositions avaient suscité une vive controverse. Plusieurs organisations de défense des droits humains, syndicats et juristes dénoncent un texte juridiquement flou, susceptible de porter atteinte à la liberté d’expression.

Elles pointent notamment le risque de confusion entre critique politique de l’État d’Israël et antisémitisme, ainsi qu’un possible effet dissuasif sur certaines mobilisations, notamment celles liées à la cause palestinienne.

Des collectifs, y compris des organisations juives critiques de la politique israélienne, alertent également sur une possible instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme et estiment que le texte pourrait, paradoxalement, fragiliser ce combat en brouillant ses contours.


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