
La France insoumise (LFI) a vivement dénoncé mardi une proposition de loi sur "l’entrisme islamiste" adoptée au Sénat, accusant la droite et le gouvernement de nourrir une approche "raciste et islamophobe" visant indirectement les musulmans de France.
Instrumentalisation de la loi
Parmi les principales mesures figure la création d’un délit visant les appels à contester ou empêcher l’application des lois de la République lorsqu’ils sont motivés par des convictions jugées contraires aux principes républicains. Le texte élargit également les motifs de dissolution administrative d’associations et prévoit un renforcement des pouvoirs des préfets, représentants de l’État dans les départements.
Les autorités administratives pourraient aussi procéder à des gels d’avoirs dans certaines situations considérées comme graves.
"Transformer la République en 'dogme'"
Le texte intervient dans un contexte politique marqué par une multiplication des débats autour de l’islamisme politique en France, alimentés ces derniers mois par des rapports du ministère de l’Intérieur consacrés à l’influence des Frères musulmans.
Cette séquence intervient également à moins d’un an de l’élection présidentielle, dans un climat de concurrence entre la droite et l’exécutif sur les questions régaliennes, liées à la sécurité, à l’autorité de l’État et à l’immigration.
Motions de rejet
Selon LFI, certains dispositifs issus de cette loi ont par la suite été utilisés contre des associations non liées à l’islamisme, notamment des organisations féministes ou écologistes, avant que certaines décisions administratives ne soient annulées par la justice.
Des motions de rejet déposées par les groupes de gauche au Sénat n’ont pas empêché l’adoption du texte.
Parallèlement, le gouvernement prépare son propre projet de loi sur des thématiques similaires, actuellement examiné par le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française chargée de conseiller l’exécutif sur les textes législatifs.











