
Nous verrons demain si les négociations entre les États-Unis et l’Iran débutent au Pakistan. Le cessez-le-feu reste fragile. Car avant même l’installation de la table des négociations, certains éléments se sont déjà vidés de leur substance.
Dans la crise iranienne, l’un des dossiers auxquels la Türkiye accorde la priorité dans le cadre de ses préoccupations de sécurité nationale est le Liban. Car les développements dans ce pays produisent un effet en chaîne, d’abord sur la Syrie, puis sur la Türkiye.
Au Liban, la mission de maintien de la paix des Nations unies, la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), est déployée (elle a été attaquée par Israël la semaine dernière). Des soldats turcs participent également à cette mission. La FINUL n’est pas une force capable d’arrêter les attaques israéliennes. Mais son absence signifierait abandonner le Liban à son sort. Le mandat de la mission expire cette année. Ankara cherche une solution pour éviter que le Liban ne soit laissé seul, pour maintenir une présence internationale sur place et pour prolonger la mission des soldats turcs. Des contacts ont été établis avec certains pays européens. Le dossier reste à suivre.
Un autre sujet déclenché par la crise iranienne concerne l’OTAN. N’ayant pas obtenu le soutien attendu de ses alliés en Iran, Trump a déclaré qu’il quitterait l’OTAN. Une telle décision est techniquement difficile à mettre en œuvre. D’après ce que j’observe, des officiers supérieurs de l’armée américaine transmettent clairement à leurs homologues au sein de l’OTAN le message que les États-Unis ne quitteront pas l’Alliance. Le Wall Street Journal a toutefois rapporté que Trump souhaitait sanctionner certains membres de l’OTAN et réduire la présence militaire américaine dans certains pays. Par ailleurs, on observe également une réduction de la présence américaine dans la chaîne de commandement de l’OTAN. Si l’on examine les nominations et les mouvements au sein de cette hiérarchie, on constate une augmentation visible de l’influence d’Ankara.
Le dernier exemple concerne l’Allied Reaction Force (ARF). Cette force est stratégique. Il s’agit de la force de réaction rapide de l’OTAN, chargée d’intervenir en premier en cas de crise. Elle regroupe des unités très diverses : forces navales, aériennes, terrestres, spéciales, cyber et spatiales. Les unités stationnées dans les pays membres sont placées sous son commandement pour intervenir en cas de crise. En raison de ses capacités, l’OTAN a proposé à la Türkiye de prendre le commandement de l’ARF. Ankara a accepté et en prendra le contrôle en 2028.
L’augmentation de l’influence de la Türkiye au sein de l’OTAN, des exercices à la préparation du sommet prévu à Ankara en juillet, coïncidant avec la guerre en Iran, a suscité différents débats. Certains établissent un lien avec la guerre en Iran. D’autres affirment que la Convention de Montreux serait menacée. Il convient de remettre chaque élément à sa place :
Les éléments présents en mer Noire ont une caractéristique commune : leur commandement, conformément au principe de propriété régionale, est détenu uniquement par les pays riverains, en particulier la Türkiye en raison de ses capacités. Dans le même temps, Ankara bloque directement toute initiative susceptible de porter atteinte à la Convention de Montreux (il est dit que les Américains, les Russes et les Français l’ont appris lors de précédentes tentatives).
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