Agression américaine en Iran: frappes et représailles autour d'Ormuz

La rédaction avec
09:4928/05/2026, jeudi
AFP
Vu du détroit d'Ormuz
Crédit Photo : DHA /
Vu du détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et frappé une station au sol à Bandar Abbas dans la nuit de mercredi à jeudi, provoquant des représailles sur une base américaine, dans les plus graves affrontements depuis le cessez-le-feu, ont indiqué des sources concordantes.

Frappes américaines sur des cibles iraniennes

Selon un responsable américain cité sous couvert d'anonymat, quatre drones d'attaque ont été interceptés dans la nuit de mercredi à jeudi alors qu'ils représentaient une menace autour du détroit d'Ormuz. L'armée américaine a également frappé une station de contrôle au sol située à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième appareil, a précisé la même source.

Ces actions étaient mesurées et uniquement défensives, menées avec l'intention de maintenir le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, a affirmé ce responsable. De fortes explosions avaient été rapportées vers 01h30 jeudi près de cette ville portuaire stratégique par les médias iraniens.

Représailles iraniennes et tensions dans le Golfe

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé jeudi avoir visé une base américaine sans préciser laquelle. Par ailleurs, l'armée koweïtienne a fait état d'attaques menées par des missiles et des drones, suggérant que la riposte pourrait viser des installations dans l'émirat.

De plus, les forces iraniennes ont effectué des tirs de semence à l'intention de quatre navires tentant de franchir le détroit d'Ormuz, a indiqué la télévision d'Etat iranienne (Irib), sans fournir de détails sur leurs types ou nationalités.

Escalade parallèle au Liban

Par ailleurs, bombardements et combats se poursuivent au Liban malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril. L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé des cibles du Hezbollah à Tyr, dans le sud du pays, un jour après avoir déclaré comme zone de combat tout le territoire situé au sud du fleuve Zahrani.

Négociations laborieuses et pression économique

Les négociations entre Téhéran et Washington pour mettre un terme au conflit peinent à progresser, tandis que le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, faisant vaciller l'économie mondiale et renchérissant le pétrole. Dans les échanges matinaux jeudi en Asie, le baril de Brent progressait de près de 2% pour s'établir à 96,13 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) gagnait 1,75 % à 90,23 dollars.

Mercredi, le président américain Donald Trump a une nouvelle menacé de reprendre les hostilités, affirmant que l'Iran voulait conclure un accord mais que Washington n'était pas encore satisfait. Toutefois, la Maison Blanche a démenti jeudi l'existence d'un projet d'accord-cadre en 14 points évoqué par Téhéran, le qualifiant de totale invention.

Retour partiel d'internet et quotidien à Téhéran

En outre, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, bien que les connexions restent erratiques avec des données mobiles largement coupées et de nombreux sites filtrés. Selon des témoignages recueillis par l'AFP, les habitants de la capitale expriment une anxiété persistante. Une nutritionniste de 32 ans évoque le passage du pire au mauvais, tandis qu'un développeur de logiciels de 27 ans décrit l'atmosphère par la question récurrente de savoir si des frappes auront lieu le soir.

Le Trésor américain a par ailleurs annoncé mercredi des sanctions à l'encontre de l'Autorité iranienne du détroit du golfe Persique, chargée de percevoir les droits de passage à Ormuz. Téhéran cherche également à obtenir le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs gelés à l'étranger, selon l'agence iranienne Isna.


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