
Sous forte pression en raison de barrages routiers nationaux exigeant sa démission, le président bolivien Rodrigo Paz a annoncé lundi une réduction de 50 % de son salaire ainsi que de ceux de l’ensemble de son gouvernement.
Cette décision vise directement à calmer les syndicats et organisations indigènes qui paralysent depuis plusieurs semaines la capitale administrative, La Paz.
L’annonce intervient alors que le pays andin entre dans sa quatrième semaine consécutive de manifestations paralysantes, après l’échec total du dialogue entre le gouvernement et les leaders de la contestation.
Rodrigo Paz est arrivé au pouvoir fin 2025 avec un programme visant à démanteler deux décennies de politiques économiques de gauche mises en place par ses prédécesseurs, Evo Morales et Luis Arce.
Coût de la vie
Cherchant à stabiliser les finances publiques, Paz s’est rapproché des États-Unis, des institutions financières internationales et du secteur privé, tout en prenant ses distances avec les puissants syndicats du pays.
Depuis début mai, des groupes indigènes, mineurs, enseignants et ouvriers maintiennent des barrages routiers à travers le pays. Ces perturbations ont désorganisé les chaînes d’approvisionnement nationales, provoquant d’importantes pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments dans les grandes villes, affectant gravement les marchés et les hôpitaux.
Les réductions salariales ont été annoncées seulement 24 heures après l’échec de discussions très attendues entre le gouvernement et des représentants indigènes.
"Rodrigo Paz orchestre sa propre chute"
Le gouvernement Paz affirme à plusieurs reprises que l’ancien président Evo Morales serait à l’origine des troubles sociaux, accusé de manipuler les syndicats dans une tentative de retour au pouvoir.
L’ancien président est actuellement recherché par la justice après l’émission d’un mandat d’arrêt le 11 mai. Morales a été déclaré en outrage au tribunal après avoir refusé de comparaître dans un procès pour viol et traite d’êtres humains, dans une affaire où il est accusé d’avoir eu un enfant avec une adolescente de 15 ans durant sa présidence en échange de faveurs politiques et économiques accordées aux parents de la victime.











