
Le Mali a annoncé vendredi le retrait de sa reconnaissance de la "République arabe sahraouie démocratique" (RASD), mettant fin à une position diplomatique remontant à 1984, et affirmant désormais son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le règlement du différend au Sahara.
Le conflit du Sahara occidental oppose depuis 1975 le Maroc au Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Rabat contrôle environ 80 % du territoire et considère cette région comme partie intégrante de ses provinces du Sud. De son côté, le Front Polisario revendique l’autodétermination du peuple sahraoui et milite pour l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
"La seule base sérieuse et crédible"
Le soutien politique, financier et logistique de l’Algérie au Front Polisario alimente des tensions persistantes entre Alger et Rabat, dont les relations diplomatiques restent fortement dégradées, notamment depuis la fermeture de leur frontière commune en 1994.
Le chef de la diplomatie malienne a précisé que Bamako soutient les efforts des Nations unies, notamment ceux de l’envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025.
Solidité du partenariat bilatéral
Les deux parties ont par ailleurs mis en avant la solidité de leur partenariat bilatéral, appelé à se renforcer dans plusieurs domaines, notamment économique, sécuritaire et éducatif.
À ce titre, Rabat a annoncé l’augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants maliens ainsi que la suspension de l’autorisation électronique de voyage pour les citoyens maliens.
Les autorités maliennes ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix et de la sécurité internationales, tout en soulignant que cette nouvelle orientation diplomatique s’inscrit dans une vision de stabilité régionale et de consolidation des alliances stratégiques.
Plan d'autonomie marocain
Adoptée fin octobre 2025, à travers la résolution 2797, le Conseil de sécurité consacre le plan d’autonomie marocain comme base principale de la solution politique, renouvelle le mandat de la MINURSO pour un an.
L’Espagne, ancienne puissance coloniale, adopte une position similaire peu après, suivie en 2023 par la France, ce qui provoque une crise diplomatique majeure avec Alger.
Cette dynamique a conduit à une majorité de membres du Conseil de sécurité soutenant désormais l’initiative marocaine, malgré l’opposition persistante de l’Algérie et de ses alliés.
Réactions contrastées sur l’adoption de la résolution
Le Front Polisario, de son côté, s’est dit ouvert à une autonomie, mais à la condition qu’elle soit validée par référendum, conformément au principe d’autodétermination.












