Sahara Occidental : Le Mali retire sa reconnaissance de la "RASD" et soutient le plan d’autonomie marocain

La rédaction avec
15:5213/04/2026, الإثنين
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Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, en conférence de presse conjointe avec Nasser BOURITA, Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l'Étranger, le 10 avril 2026.
Crédit Photo : @AbdoulayeDiop8 / X
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, en conférence de presse conjointe avec Nasser BOURITA, Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l'Étranger, le 10 avril 2026.

Le Mali a annoncé vendredi le retrait de sa reconnaissance de la "République arabe sahraouie démocratique" (RASD), mettant fin à une position diplomatique remontant à 1984, et affirmant désormais son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le règlement du différend au Sahara.

Dans une déclaration officielle lue à Bamako, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a indiqué que cette décision s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations
"historiques et stratégiques"
entre le Mali et le Royaume du Maroc.

Le conflit du Sahara occidental oppose depuis 1975 le Maroc au Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Rabat contrôle environ 80 % du territoire et considère cette région comme partie intégrante de ses provinces du Sud. De son côté, le Front Polisario revendique l’autodétermination du peuple sahraoui et milite pour l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

Au cœur du différend figurent des enjeux de souveraineté et de légitimité historique. Tandis que le Maroc met en avant ses liens historiques avec le territoire, le Polisario, basé à Tindouf, en Algérie, réclame l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

"La seule base sérieuse et crédible"

Le soutien politique, financier et logistique de l’Algérie au Front Polisario alimente des tensions persistantes entre Alger et Rabat, dont les relations diplomatiques restent fortement dégradées, notamment depuis la fermeture de leur frontière commune en 1994.

Le chef de la diplomatie malienne a précisé que Bamako soutient les efforts des Nations unies, notamment ceux de l’envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025.

Selon lui, le Mali considère désormais le plan d’autonomie marocain comme
"la seule base sérieuse et crédible"
pour parvenir à une solution politique durable, estimant qu’une autonomie sous souveraineté marocaine constitue
"la solution la plus réaliste"
.
"Après analyse approfondie de ce dossier ayant un impact sur la paix et la sécurité sous-régionales, la République du Mali a décidé ce jour de retirer sa reconnaissance de la RASD",
a-t-il déclaré.
Cette annonce marque un tournant diplomatique majeur pour Bamako, qui avait reconnu la RASD il y a plus de quatre décennies, dans un contexte régional et international en évolution.
Présent à Bamako, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a salué une
"décision historique"
, soulignant qu’elle s’inscrit dans une dynamique internationale marquée par un soutien croissant au plan d’autonomie marocain.

Solidité du partenariat bilatéral

Il a également évoqué une
"érosion significative"
des reconnaissances de la RASD à l’échelle internationale au cours des dernières années, ainsi que le soutien de plus de 120 pays à l’initiative marocaine.

Les deux parties ont par ailleurs mis en avant la solidité de leur partenariat bilatéral, appelé à se renforcer dans plusieurs domaines, notamment économique, sécuritaire et éducatif.

À ce titre, Rabat a annoncé l’augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants maliens ainsi que la suspension de l’autorisation électronique de voyage pour les citoyens maliens.

Le ministre des Affaires étrangères du Royaume du Maroc, Nasser Bourita, a annoncé l’octroi de 300 bourses d’études par an au profit des étudiants maliens dès la prochaine rentrée académique

Les autorités maliennes ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix et de la sécurité internationales, tout en soulignant que cette nouvelle orientation diplomatique s’inscrit dans une vision de stabilité régionale et de consolidation des alliances stratégiques.

Plan d'autonomie marocain

Adoptée fin octobre 2025, à travers la résolution 2797, le Conseil de sécurité consacre le plan d’autonomie marocain comme base principale de la solution politique, renouvelle le mandat de la MINURSO pour un an.

Rédigé par les États-Unis, le texte salue la proposition marocaine comme
"crédible et réaliste"
et exhorte l’ensemble des acteurs à saisir cette
"occasion historique pour une paix durable"
.
En effet, en 2020, les États-Unis de Donald Trump reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara dans le cadre des Accords d’Abraham.

L’Espagne, ancienne puissance coloniale, adopte une position similaire peu après, suivie en 2023 par la France, ce qui provoque une crise diplomatique majeure avec Alger.

Cette dynamique a conduit à une majorité de membres du Conseil de sécurité soutenant désormais l’initiative marocaine, malgré l’opposition persistante de l’Algérie et de ses alliés.

Réactions contrastées sur l’adoption de la résolution

L’adoption de la résolution 2797 a suscité des réactions diverses parmi les acteurs concernés. Du côté marocain, ils ont salué, dans un discours prononcé le soir du vote, une
"victoire diplomatique et nationale"
, tout en tendant la main à l’Algérie et aux populations sahraouies afin d’ouvrir une nouvelle ère de réconciliation et de coopération régionale.

Le Front Polisario, de son côté, s’est dit ouvert à une autonomie, mais à la condition qu’elle soit validée par référendum, conformément au principe d’autodétermination.

L’Algérie a, pour sa part, dénoncé un texte
"en deçà des attentes"
et s’est abstenue de participer au vote, estimant que la résolution s’éloigne de la doctrine onusienne de décolonisation.

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