Le président libanais, Joseph Aoun, veut faire de 2025 ‘'l'année du monopole de l'Etat sur les armes''

La rédaction avec
10:0816/04/2025, mercredi
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Le président libanais, Joseph Aoun
Crédit Photo : SARAH MEYSSONNIER / AFP
Le président libanais, Joseph Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a affirmé, ce mardi, son ambition de faire de l’année 2025 celle où l’État libanais exercera un monopole total sur les armes dans le pays.

Dans un entretien accordé au quotidien qatari al-Arabi al-Jadeed, en marge de sa visite officielle à Doha, Aoun est longuement revenu sur le dossier sensible du désarmement du Hezbollah.


Il a souligné que la décision de réserver la détention des armes à l’État avait été prise, précisant:
“Il reste à en définir les modalités, que j’imagine sous la forme d’un dialogue direct entre la présidence et le Hezbollah.”

Réagissant aux critiques visant son approche dialoguée, l’ancien commandant en chef de l’armée libanaise a lancé:
“À ceux qui me reprochent de privilégier le dialogue pour désarmer le Hezbollah, je demande: que feraient-ils à ma place ?”

Il a réaffirmé:
“Mon objectif est de faire de 2025 l’année du monopole de l’État sur les armes.”

Aoun a également mentionné l’action de l’armée libanaise dans le sud du pays et dans la plaine de la Bekaa, soulignant sa volonté de mettre en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Il a déclaré que l’armée avait neutralisé des tunnels et détruit des dépôts d’armes appartenant au Hezbollah, sans rencontrer d’opposition de sa part.


Adoptée à l’unanimité le 11 août 2006, la résolution 1701 prévoit notamment la cessation des hostilités entre Israël et le Liban, ainsi qu’une zone démilitarisée entre la ligne bleue et le fleuve Litani, réservée exclusivement aux forces du gouvernement libanais et à la FINUL.


Sur le comportement du Hezbollah, Aoun a estimé que le mouvement adoptait une posture “responsable”, en évitant toute réaction aux provocations israéliennes. Il a assuré que le parti
“ne cherche pas à entrer dans une nouvelle guerre”.

Concernant le futur des combattants du Hezbollah, Aoun a écarté toute absorption du mouvement dans l’armée sur le modèle des Unités de mobilisation populaire en Irak. Il a proposé, en revanche, que ses membres puissent intégrer l’armée à titre individuel, après une formation spécifique, comme cela avait été le cas avec d’autres groupes armés à la fin de la guerre civile.


Le président a par ailleurs déclaré que les États-Unis faisaient pression pour hâter le désarmement du Hezbollah.
“Je leur ai répondu: si vous souhaitez cela, commencez par faire pression sur Israël. Laissez-nous ensuite gérer le Hezbollah”
, a-t-il rapporté.

Arrivé mardi à Doha à l’invitation de l’émir Tamim ben Hamad al-Thani, Joseph Aoun doit s’entretenir avec lui mercredi. Il a salué le soutien constant du Qatar au Liban, notamment à son armée.


Selon l’agence de presse qatarie QNA, le président libanais entend évoquer le rôle que peut jouer Doha, aux côtés d’autres pays arabes, pour aider le Liban à sortir de la crise, à renforcer l’autorité de l’État sur tout le territoire national et à rétablir la confiance avec la communauté internationale.


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