
"Une mascarade", "une parodie de justice", "un acharnement" : les réactions se sont multipliées, mercredi soir, après la condamnation de Tariq Ramadan à 18 ans de prison.
Dans un entretien à Anadolu, son avocat, Me Ouadie Elhamamouchi, a vivement dénoncé une procédure qu’il juge profondément inéquitable.
Interdiction du territoire français
Une mesure de suivi socio-judiciaire pendant huit ans a également été prononcée. Elle interdit notamment à l’intéressé d’entrer en contact avec les plaignantes, mais aussi de diffuser tout ouvrage, œuvre audiovisuelle ou intervention publique en lien avec l’affaire.
La peine est conforme aux réquisitions formulées mardi par le parquet, à l’issue d’un procès qui s’est tenu à huis clos à la demande de l’une des plaignantes.
L'accusé hospitalisé
L’accusé n’a pas pu se présenter à l’audience, ouverte début mars, en raison de son état de santé. Hospitalisé en Suisse depuis le 27 février pour des complications liées à une sclérose en plaques, il avait sollicité un report du procès afin de pouvoir comparaître dans des conditions médicales adaptées.
Cette demande avait été rejetée après qu’une expertise médicale l’a jugé apte à se déplacer, une conclusion contestée par la défense.
Le verdict est intervenu alors que l’islamologue, âgé de 64 ans, est de nouveau hospitalisé en Suisse depuis le 18 mars, au sein d’une unité psychiatrique après un choc post-traumatique lié aux procédures judiciaires auxquelles il fait face depuis près de dix ans.
Depuis le début de la procédure, la défense assure que Tariq Ramadan n’a jamais cherché à se soustraire à la justice et qu’il souhaitait au contraire pouvoir se présenter devant la cour afin de se défendre.
En Suisse, acquitté en première instance avant d’être condamné en appel
Pour rappel, il était poursuivi pour des accusations de viols portées par trois femmes. Cette condamnation intervient après un parcours judiciaire déjà marqué par une procédure en Suisse, où il avait été acquitté en première instance avant d’être condamné en appel.
Depuis, Tariq Ramadan réclame une révision de son procès en Suisse ainsi qu’un complément d’information en France, qui lui a été refusé.










