
Le Président français Emmanuel Macron réunit vendredi à Paris les représentants des groupes politiques de Nouvelle-Calédonie pour rouvrir une séquence de discussions sur l’avenir institutionnel de l’archipel, en l’absence du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), qui a décliné l’invitation.
Selon une source à l’Élysée, cette rencontre vise à remettre en mouvement le cadre défini par l’accord signé le 12 juillet 2025 à Bougival (Yvelines), que l’exécutif continue de considérer comme un socle de travail.
Le processus de Bougival, qui prévoit une transformation profonde du statut institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, a toutefois été rejeté par le FLNKS.
Le mouvement indépendantiste dénonce une méthode jugée unilatérale et conteste notamment le calendrier politique, en particulier le report des élections provinciales initialement prévues fin 2025. Il réclame une reprise des discussions sur de nouvelles bases, estimant que l’accord du 12 juillet ne reflète pas un consensus suffisant.
Les échanges engagés vendredi doivent se prolonger par des ateliers thématiques consacrés notamment à l’autodétermination, à l’exercice des compétences régaliennes et au pacte de refondation économique. En ligne de mire, une éventuelle réforme constitutionnelle et une consultation de la population, avant un passage devant le Parlement, notamment à l’Assemblée nationale.
Cette relance du dialogue sans le FLNKS souligne toutefois la fragilité d’un processus institutionnel qui peine encore à rassembler l’ensemble du camp indépendantiste.
Accord de Bougival
Pour rappel, l’accord dit de Bougival, signé le 12 juillet 2025 entre l’État et plusieurs formations politiques calédoniennes, prévoit une transformation profonde du statut institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
Il prévoit également la création d’une citoyenneté calédonienne, coexistant avec la nationalité française, ainsi que le transfert progressif de compétences dites régaliennes, sous conditions.
Cette trajectoire doit être validée par une révision constitutionnelle, puis par une consultation de la population, et s’accompagne d’un report des élections provinciales afin d’aligner le calendrier politique sur la mise en œuvre des réformes.
Le FLNKS a rejeté cet accord, dénonçant une méthode jugée unilatérale et contestant tant le principe du report du scrutin que le cadre institutionnel proposé, estimant qu’il ne garantit pas une accession pleine et entière à l’indépendance ni un exercice suffisant du droit à l’autodétermination.











