
Le refroidissement de l'Europe du Nord, les sécheresses au Sahel, et des tempêtes plus violentes: l'effondrement de l'Amoc, un système complexe de courants dans l'Atlantique régulant le climat, pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Cependant, ce scénario, bien qu'inquiétant, ne fait pas l'unanimité dans la communauté scientifique.

Bien que l'on n'atteigne pas un scénario de nouvelle glaciation, comme dans le film Le jour d'après (2004), un effondrement de l'Amoc entraînerait des conséquences dévastatrices: baisse des températures en Europe du Nord, sécheresses au Sahel et en Asie du Sud, élévation du niveau de la mer en Amérique du Nord, réduction de l'absorption du CO2 par l'océan, etc.
Une circulation vitale mais fragile
Souvent confondue avec le Gulf Stream, qui en fait partie, l'Amoc joue un rôle essentiel dans la régulation du climat. Composée de courants transportant de l'eau chaude en surface vers le Nord et de l'eau froide en profondeur vers le Sud, sa puissance -18 millions de m3 par seconde- est équivalente à environ 18 fois le débit total de toutes les rivières du monde.
La chaleur transportée par l'Amoc depuis les tropiques contribue également à modérer le climat en Europe du Nord.
Un système chaotique et difficile à suivre
Avec ces mesures directes, pour l'instant, rien ne prouve un déclin de l'Amoc.
Pour évaluer son évolution à long terme, les scientifiques se sont tournés vers des indicateurs indirects, tels que les températures de surface, la salinité ou l'analyse des sédiments. Plusieurs études pointent un déclin de l'Amoc sur le long terme, mais ce constat reste controversé.
L'influence du changement climatique
D'ici à la fin du siècle, l'Amoc pourrait perdre en intensité à cause du réchauffement climatique, qui réchauffe les eaux de surface et rend l'océan plus stratifié, rendant le mélange plus difficile.
La fonte de la calotte glaciaire du Groenland pourrait également ralentir la plongée des eaux de surface vers les profondeurs, en introduisant de grandes quantités d'eau douce dans l'Atlantique Nord.
Un risque incertain mais croissant
L'incertitude est quasi totale pour l'après 2100, tout dépendra de nos émissions d'ici là.
Enfin, Fabien Roquet, professeur d'océanographie à l'Université de Göteborg, souligne:
Le vrai sujet, c'est le réchauffement climatique. Et c'est maintenant qu'il faut agir.









