Embouteillages à Istanbul : un fardeau annuel de 7 milliards de dollars pour l’économie

17:095/05/2025, lundi
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En 2023, Istanbul a été la ville la plus embouteillée au monde.
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En 2023, Istanbul a été la ville la plus embouteillée au monde.

Les congestions routières à Istanbul coûtent jusqu’à 7 milliards de dollars par an à l’économie locale, alerte une étude relayée lundi par des experts en ingénierie et en sécurité routière, exhortant les autorités à délaisser la simple construction de routes au profit d’une gestion intelligente de la demande.

Selon Selim Dundar, professeur associé en ingénierie civile à l’université Okan d’Istanbul, le réseau routier de la mégalopole est saturé:
"Le nombre de véhicules dépasse désormais la capacité des infrastructures."

"Plus il y a de véhicules, plus le trafic se densifie. Et les comportements comme le stationnement illégal ou les changements de file dangereux aggravent la situation"
, souligne-t-il dans une interview à Anadolu.

Outre le temps perdu, les embouteillages engendrent des dépenses supplémentaires en carburant, en entretien de véhicules, une augmentation des accidents, de la pollution et une baisse de productivité liée au stress et à la fatigue.

Un problème structurel


D’après une étude menée en 2018, le coût annuel de la congestion à Istanbul était estimé à 6 milliards de dollars. Dundar affirme que ce montant a probablement augmenté avec la croissance démographique et les changements d’habitudes de transport:


Nous estimons aujourd’hui le coût entre 6 et 7 milliards de dollars par an.

En 2023, Istanbul a été la ville la plus embouteillée au monde, selon l’indice TomTom Traffic: les conducteurs y ont passé 105 heures supplémentaires dans les bouchons par rapport à des conditions normales de circulation.

"On ne peut pas résoudre la crise du trafic en construisant des routes"
, insiste le professeur.
"Cela ne fait que reporter le problème. Chaque goulot supprimé crée un nouveau point de congestion."

Il recommande des mesures comme l’aménagement d’horaires de travail décalés, la réduction de l’usage de la voiture individuelle, le développement des transports en commun et l’extension des moyens de micromobilité comme le vélo ou la trottinette électrique.

"En moyenne, chaque voiture transporte 1,5 personne. C’est une utilisation très inefficace de l’espace routier"
, souligne-t-il.

Une culture du danger sur les routes


Pour Yasemin Usta, présidente de l'association
"Mes droits dans la circulation"
, le problème ne se limite pas à l’infrastructure, mais touche aussi à la culture de conduite.

"89 % des accidents sont dus à des erreurs humaines"
, rappelle-t-elle, citant des données de l’Institut statistique de Türkiye (TUIK).
"Excès de vitesse, non-respect des feux, refus de priorité… beaucoup disent simplement qu’ils sont pressés. Mais est-ce que cela vaut de risquer sa vie ?"

Selon Usta, plus de 60 000 personnes ont été tuées et 3 millions blessées dans des accidents de la route en Türkiye depuis 2015. Elle déplore une banalisation des infractions au code de la route :

"Les gens ont honte de voler, mais pas de griller un feu rouge. Et une fois que ce comportement devient la norme, le risque s’amplifie."

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