Prospérité ou défense ?

09:5727/03/2026, Cuma
MAJ: 27/03/2026, Cuma
Aydın Ünal

Les attaques menées par l’axe États-Unis/Israël contre l’Iran sont entrées aujourd’hui dans leur 30e jour. Le constat est le suivant : les États-Unis et Israël n’ont atteint aucun de leurs objectifs, tandis que l’Iran tient toujours et continue de se défendre. Après la Révolution de 1979, l’Iran est entré en guerre contre l’Irak. À l’issue de ce conflit de neuf ans, des sanctions internationales lui ont été imposées. Le pays connaît une pauvreté importante. Pourtant, ce que l’on observe aujourd’hui,

Les attaques menées par l’axe États-Unis/Israël contre l’Iran sont entrées aujourd’hui dans leur 30e jour. Le constat est le suivant :
les États-Unis et Israël n’ont atteint aucun de leurs objectifs, tandis que l’Iran tient toujours et continue de se défendre.

Après la Révolution de 1979, l’Iran est entré en guerre contre l’Irak. À l’issue de ce conflit de neuf ans, des sanctions internationales lui ont été imposées.
Le pays connaît une pauvreté importante.
Pourtant, ce que l’on observe aujourd’hui, c’est que cette pauvreté ne s’explique pas seulement par la guerre ou les sanctions, mais aussi par l’ampleur des ressources consacrées à la défense. L’Iran, qui possède parmi les plus grandes réserves pétrolières du monde, a utilisé les revenus contournant les sanctions non pas pour le bien-être de sa population, mais pour préparer la défense de son territoire.

Cela nous confronte à une question essentielle : prospérité ou défense ?

Les modèles imposés et leurs contradictions


En 2024, le prix Nobel d’économie a été attribué à Daron Acemoğlu, James Robinson et Simon Johnson. Leur thèse peut être résumée ainsi : les puissances occidentales ont suivi deux stratégies dans les pays qu’elles ont dominés. Dans certains cas, elles ont pillé les ressources avant de partir. Dans d’autres, elles ont instauré des institutions modernes afin de tirer profit, sur le long terme, de la croissance économique générée.


Il apparaît désormais clairement que l’attribution du prix Nobel répond à des logiques d’intérêt.
Cette distinction de 2024, bien qu’axée sur la question de l’exploitation, défend en réalité l’idée que les pays adoptant les institutions occidentales connaîtront la croissance.
Plus encore, elle met en évidence que des notions comme la démocratie, les droits humains, l’État de droit, la transparence ou la responsabilité n’ont pas le même sens en Occident et dans les pays exploités, où elles peuvent devenir des instruments de domination.

Après la Seconde Guerre mondiale, ces institutions ont été instaurées en Allemagne et au Japon.
Ces pays ne disposent plus d’armées puissantes, mais possèdent des économies solides. Le niveau de vie y est élevé, mais le sentiment de souveraineté nationale est affaibli. À l’inverse, le coup d’État contre un président élu en Égypte ou les attaques contre le mouvement de résistance palestinien Hamas, arrivé au pouvoir par les urnes, sont largement ignorés.

Dans les pays du Golfe, ces institutions occidentales sont absentes.
Les notions de démocratie ou de droits humains n’y occupent pas de place centrale. La prospérité repose presque exclusivement sur le pétrole. Une part limitée des revenus est utilisée localement, tandis que l’essentiel profite à l’Occident. Lorsque les ressources s’épuiseront, ce dernier se retirera.

La voie de la Türkiye : un équilibre possible


C’est précisément ce qui était attendu de l’Iran : que le pétrole continue de couler vers l’Occident, sans remise en cause d’Israël, quelles que soient les conditions internes.
Or, l’Iran a refusé cette logique de soumission. Il a sacrifié une partie de sa prospérité, mais a maintenu sa capacité de défense.

La véritable question est alors la suivante : est-il impossible de concilier prospérité et défense ? Un pays ne peut-il pas à la fois préserver son territoire, son indépendance, son État, sa culture, sa foi et son honneur national, tout en disposant d’une armée forte et dissuasive ?


C’est précisément la voie que la Türkiye tente d’emprunter.
Contrairement à l’Iran, elle ne sacrifie pas entièrement le bien-être de sa population au profit de la défense. Elle parvient à maintenir un certain niveau de prospérité tout en conservant une armée forte. Plutôt que d’importer les institutions occidentales comme instruments de dépendance, elle les redéfinit selon ses propres dynamiques.
À travers des initiatives comme "Türkiye sans terrorisme", elle élargit les droits et les libertés malgré les pressions extérieures.

De nombreux économistes soutiennent que, lorsqu’elle est nationale, l’industrie de défense contribue directement à la croissance économique.

La guerre en Iran montre ainsi que la seule voie viable pour la Türkiye consiste à renforcer davantage son industrie de défense nationale, sans renoncer à la prospérité, voire en la renforçant. Il n’existe pas d’autre alternative. Si l’on veut exister, survivre et se maintenir sur ces terres, l’objectif central doit être de porter cette industrie à un niveau supérieur.


La guerre en Iran permet également de mieux comprendre ce que la Türkiye, sous la direction d’Erdoğan, cherche à accomplir depuis 23 ans. Il n’y a pas d’autre chemin. Il faut poursuivre dans cette direction.
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