Comores: le gouvernement suspend la hausse des carburants après des manifestations meurtrières

La rédaction avec
09:5017/05/2026, dimanche
MAJ: 17/05/2026, dimanche
AFP
Le gouvernement comorien a suspendu la hausse des prix des carburants après plusieurs jours de manifestations et une grève générale qui ont paralysé l’archipel. Deux personnes ont été tuées lors d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité, principalement sur l’île d’Anjouan.
Crédit Photo : Media X /
Le gouvernement comorien a suspendu la hausse des prix des carburants après plusieurs jours de manifestations et une grève générale qui ont paralysé l’archipel. Deux personnes ont été tuées lors d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité, principalement sur l’île d’Anjouan.

Le gouvernement des Comores a annoncé samedi la suspension de la hausse des prix des carburants après des manifestations marquées par la mort de deux personnes lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants.

Cette décision intervient après plusieurs jours de paralysie dans l’archipel de l’océan Indien, où une grève menée par les transporteurs routiers, les commerçants et les pêcheurs protestait contre l’augmentation des tarifs du carburant décidée par les autorités.

"Au nom du chef de l’État Azali Assoumani, j’annonce la suspension temporaire de la hausse des prix des produits pétroliers",
a déclaré le ministre de l’Énergie lors d’un point presse organisé en présence de plusieurs membres du gouvernement et des représentants des organisations ayant appelé à la grève.

Selon le gouvernement, cette mesure avait été justifiée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques internationaux.

Deux morts et plusieurs tensions à Anjouan

Le ministre de l’Intérieur Mohamed Ahamada a annoncé la mort d’un deuxième manifestant "par balle" après le décès signalé plus tôt dans la journée à Mutsamudu, principale ville de l’île d’Anjouan.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ces décès.

Selon une source judiciaire citée sous anonymat, le premier manifestant tué était un jeune homme atteint par balle lors d’une intervention des forces de sécurité visant à dégager une route bloquée par des protestataires.

Les affrontements ont également touché plusieurs localités proches de Moroni, la capitale de l’archipel.

Une crise sociale liée à la flambée des prix

La publication des nouveaux tarifs des carburants avait déclenché une forte contestation populaire.

Le prix du gazole devait augmenter de 46 %, celui de l’essence de 33 %, tandis que le pétrole lampant, largement utilisé pour la cuisine dans cet archipel pauvre, devait connaître une hausse supérieure à 28 %.

Le gouvernement avait déjà tenté d’apaiser les tensions en accordant un abattement douanier de 40 % sur certains produits de première nécessité.

Selon l’Institut national de la statistique, environ 45 % de la population comorienne vit sous le seuil de pauvreté, avec un revenu mensuel moyen légèrement supérieur à 100 euros par habitant.

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