Bourses mondiales: Krach ou simple correction ? Analyse.

La rédaction avec
10:508/04/2025, mardi
AFP
Des personnes surveillent l'ouverture de l'indice composite de la Bourse d'Indonésie à Jakarta le 8 avril 2025.
Crédit Photo : BAY ISMOYO / AFP
Des personnes surveillent l'ouverture de l'indice composite de la Bourse d'Indonésie à Jakarta le 8 avril 2025.

Les Bourses mondiales connaissent une chute brutale depuis le 2 avril 2025, mais s'agit-il d'un véritable krach ou d'une simple correction ? Analyse des pertes et de la panique qui saisit les marchés

Face aux droits de douane agressifs annoncés par Donald Trump et au spectre de la récession qui hante les marchés, les Bourses mondiales ont plongé comme rarement observé. Mais s'agit-il d'un krach boursier ?


"Oui, mais pas partout"
, résume simplement Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés à IG France.

Bien que l'expression
"krach boursier"
soit souvent utilisée sans définition précise, elle désigne un mouvement de baisse soudain des marchés d'actions, d'au moins 10%, dans un contexte de panique généralisée des investisseurs.

"La célérité du mouvement et la volatilité du marché"
peuvent également en être des indicateurs, explique l'analyste.

Pour Stephen Innes, analyste chez SPI AM, les récents mouvements de marché sont similaires à ceux de la crise de Lehman Brothers en septembre 2008, tant par leur ampleur que leur rapidité.
"Nous vivons un scénario comparable"
, indique-t-il.

Depuis le 2 avril, l'indice élargi S&P 500, principal indice boursier à Wall Street, a chuté de près de 11%, effaçant plus de 5.300 milliards de dollars de capitalisation boursière. Toutefois, Wall Street a déjà connu des baisses plus importantes : lors de l'éclatement de la pandémie de Covid-19 en mars 2020, le S&P 500 avait plongé de près de 12% en une seule séance.


Cependant,
"le S&P avait déjà reculé de 10% sur un mois entre février et mars, puis avait perdu 10% supplémentaires en seulement deux jours. C'est ça, un krach",
affirme Alexandre Baradez, ajoutant que
"tous les krachs n'ont pas la même intensité".

Bien que "les plus fortes chutes de ce siècle aient été induites par la pandémie, les pertes des derniers jours sont très importantes, ce qui témoigne de la peur qui se propage", note Susannah Streeter, responsable des marchés financiers chez Hargreaves Lansdown.


L'Europe panique, mais pas de krach


L'indice Nasdaq, où sont cotés de nombreux géants de la technologie,
"est désormais en territoire de 'bear market'"
, un terme boursier désignant une baisse de plus de 20% par rapport à son dernier sommet, indique l'analyste de Hargreaves Lansdown.

L'indice VIX, qui reflète la nervosité des acteurs du marché et l'aversion au risque, a atteint lundi des niveaux similaires à ceux de la pandémie de mars 2020.

"Le krach touche principalement les marchés boursiers américains, avec un phénomène de contagion en Europe et en Asie"
, estime Alexandre Baradez.

Depuis le 1er avril, toutes les Bourses européennes affichent des pertes de plus de 10%. Parmi les principaux indices, le DAX de Francfort a chuté de 10,71%, le CAC 40 à Paris a perdu 11,08%, et le FTSE 100 à Londres a baissé de 10,26%.


Il faut remonter au début de la pandémie de Covid-19 pour retrouver des variations similaires. À Paris, ces pertes sont les plus fortes depuis mars 2022, peu après le début de l'invasion russe en Ukraine.

En Asie, la chute des marchés boursiers a été particulièrement brutale. La Bourse de Hong Kong a clôturé lundi en baisse de 13,22%, sa plus forte dégringolade depuis la crise boursière asiatique de 1997, après la réplique de Pékin aux droits de douane de Donald Trump.


En Chine continentale, l'indice composite de Shanghai a perdu 7,34%, enregistrant sa pire séance depuis mars 2020. L'indice
"component"
de Shenzhen a dévissé de 9,66%, sa plus grande chute depuis 1996.

La Bourse de Taïwan a elle aussi connu une dégringolade de 9,7%, un record depuis sa création en 1967. À Tokyo, l'indice Nikkei a baissé de 7,82%.


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