
Le président français Emmanuel Macron a alerté mardi soir sur les lourdes conséquences économiques de la guerre en cours au Moyen-Orient, évoquant notamment la fermeture du détroit d’Ormuz et ses répercussions sur les marchés mondiaux de l’énergie.
La crise a éclaté le 28 février après des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, ayant entraîné la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei. Téhéran a riposté en visant des cibles en Israël ainsi que dans plusieurs pays de la région abritant des bases américaines.
Tard dans la nuit du 2 mars, le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution, a annoncé que les navires ne seraient plus autorisés à transiter par le détroit d’Ormuz, avertissant que tout bâtiment tentant de le franchir serait pris pour cible. Cette déclaration, concernant un passage par lequel transite près d’un quart du commerce pétrolier mondial, a ravivé les craintes sur l’approvisionnement énergétique international et provoqué de fortes turbulences sur les marchés.
Une flambée des prix du gaz et du pétrole
Dès lundi 2 mars, le prix du gaz européen a bondi de plus de 50 % à certains moments de la séance. Les tensions se sont poursuivies mercredi : le baril de Brent, référence internationale, s’échangeait à 83,14 dollars à 10h00 (07h00 GMT), en hausse de 3,4 % par rapport à la clôture précédente. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, progressait de 3,5 % à 76,17 dollars.
Si l’Asie absorbe la majeure partie du gaz moyen-oriental, les marchés restent interconnectés, a-t-il expliqué : toute pénurie en Asie entraînerait une hausse des prix ailleurs. L’Europe apparaît particulièrement vulnérable, avec des stocks actuellement très bas, de l’ordre de 20 % en France et en Allemagne.
En France, environ 10 millions de foyers sont raccordés au gaz. Plus de la moitié disposent de contrats à tarif indexé, les exposant directement aux variations des cours en cas de prolongation de la crise. Pour les autres ménages, les effets ne se feront sentir qu’à l’échéance de leur contrat.
Des autorités françaises mobilisées face au risque économique
Dans ce contexte, la hausse du gaz pourrait constituer la conséquence économique la plus lourde de cette guerre au Moyen-Orient, avec un impact direct sur les ménages européens et l’ensemble de l’économie du continent.
Le ministre français de l’Économie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, ont tenu mardi 3 mars un discours rassurant quant à l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’économie nationale.
Par ailleurs, le ministre a annoncé la mise en place d’une cellule de crise se réunissant quotidiennement au ministère de l’Économie afin de surveiller l’évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et des prix de l’énergie. Des échanges sont également prévus avec les services économiques régionaux ainsi qu’avec les secteurs les plus exposés, énergie, transport, logistique et industrie, pour informer les entreprises et recueillir leurs retours du terrain.
Une hausse attendue des factures de gaz pour les ménages
Les frappes aériennes américaines menées en Iran le 28 février pourraient bouleverser les marchés énergétiques et entraîner une hausse des prix du gaz en Europe dans les prochains mois. Les premières réactions ont déjà été observées : en moins d’une semaine, le prix du mégawattheure des contrats à terme de référence sur le marché TTF, indicateur clé pour les prix du gaz en Europe, a grimpé de 84,4 %, selon le site Toute l’Europe.
En France, un premier effet a déjà été observé : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé une hausse du prix repère du gaz au 1er mars, avec +5,3 % pour le chauffage et +4 % pour la cuisson et l’eau chaude. Ce prix indicatif, utilisé par la plupart des fournisseurs depuis la fin du tarif réglementé en juin 2023, n’avait pas augmenté pour ces usages depuis juillet 2025.












