
Plus de 600 personnalités issues du monde du cinéma, des médias et de la culture ont, ce lundi, dénoncé la couverture jugée “partial” de la BBC concernant la situation à Gaza.
Dans une lettre ouverte adressée au directeur général de la chaîne britannique, Tim Davie, elles appellent à la diffusion immédiate du documentaire Gaza: Medics Under Fire, dont la sortie a été reportée à plusieurs reprises.
Ce film met en lumière les conditions extrêmes dans lesquelles opèrent les professionnels de santé palestiniens sous les bombardements israéliens. Parmi les signataires figurent l’actrice américaine Susan Sarandon, le comédien Frankie Boyle et la journaliste Lindsey Hilsum. La lettre mentionne également le soutien de 130 autres signataires anonymes, dont une douzaine de membres du personnel de la BBC.
“Nous vous écrivons une fois encore pour exprimer notre profonde inquiétude face à la censure des voix palestiniennes, en l’occurrence celles des médecins qui travaillent dans des conditions effroyables à Gaza”, peut-on lire dans la lettre. Les signataires accusent la BBC d’un manque de neutralité dans sa couverture du conflit, et pointent le refus de diffuser un documentaire réalisé par des cinéastes récompensés et reconnus, tels que Ben de Pear, Karim Shah et Ramita Navai.
Le film met en évidence les attaques ciblées contre les hôpitaux et le personnel médical dans la bande de Gaza, dans un contexte de frappes israéliennes qui, selon diverses sources, auraient fait près de 52 900 morts depuis le 7 octobre 2023.
Des témoignages réduits au silence
Dans un communiqué, le collectif “Health Workers for Palestine” a déclaré que les médecins présentés dans le documentaire “ont vu leurs collègues mourir sous leurs yeux et ont risqué leur propre vie pour soigner, témoigner et dénoncer le ciblage systématique des infrastructures médicales par Israël”. Le groupe déplore que ces récits soient étouffés par des considérations politiques et bureaucratiques.
Critiques croissantes envers la BBC
La BBC fait face à une intensification des critiques concernant sa couverture du conflit à Gaza. La semaine dernière, des manifestants se sont rassemblés devant le siège de la chaîne à Londres, l’accusant de “couvrir un génocide” en écartant également un autre documentaire, Gaza: How to Survive a War Zone.
Pendant ce temps, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer dans la bande de Gaza. Selon la Banque mondiale, les 2,4 millions d’habitants sont aujourd’hui totalement dépendants de l’aide humanitaire. Israël maintient par ailleurs fermés les points de passage vers Gaza depuis près de neuf semaines, bloquant l’acheminement de cette aide.
Depuis octobre 2023, environ 52 900 Palestiniens ont été tués, en majorité des femmes et des enfants. En novembre dernier, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Israël est aussi poursuivi devant la Cour internationale de justice pour “crime de génocide” lié à la guerre menée contre Gaza.









