France: La censure de la loi immigration par le Conseil constitutionnel n'est peut-être pas terminée

18:5227/01/2024, Cumartesi
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Le président du Conseil constitutionnel français Laurent Fabius pose dans son bureau lors d'une séance photo à Paris le 19 octobre 2023.
Crédit Photo : JOEL SAGET / AFP
Le président du Conseil constitutionnel français Laurent Fabius pose dans son bureau lors d'une séance photo à Paris le 19 octobre 2023.

Après la publication de la loi sur l'immigration au Journal Officiel de la République française vendredi matin, une nouvelle étape se profile dans le débat sur cette législation, selon le Huffington Post.

Le Conseil constitutionnel, ayant censuré 35 des 86 articles de la loi, a laissé en vigueur 51 articles, dont 41 n'ont pas été examinés par les Sages, rapporte le quotidien qui précise que cette situation ouvre la voie à de possibles contestations futures.


Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, a souligné lors d'une intervention sur France Inter que, parmi ces 51 articles restants, 10 ont été validés par les Sages, laissant 41 articles potentiellement examinables à l'avenir.

Pour rappel, quatre saisines avaient été faites sur le texte adopté par le Parlement le 19 décembre 2023, dont deux partielles (40 articles) par les parlementaires de l'alliance de gauche Nupes, qui inclut La France Insoumise (LFI) et une autre (4 articles) par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.


Enfin, une dernière saisine, par le président de la République Emmanuel Macron, sur l'ensemble du texte.


La récente saisine par le chef de l'État français, abordant le texte dans son ensemble sans griefs spécifiques, a été mise de côté par le Conseil constitutionnel, suivant un précédent établi en 2015 par Jean-Louis Debré, lit-on dans les colonnes du quotidien français.

Cette décision marque une autonomie du Conseil dans son processus de jugement, se concentrant sur des griefs particuliers plutôt que sur une analyse globale, ajoute le Huffington Post, qui précise que les Questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) pourraient jouer un rôle crucial dans le devenir de cette loi. Les QPC offrent une voie pour contester la constitutionnalité d'une loi pendant un procès. Par conséquent, une disposition parmi les 41 articles non examinés pourrait être remise en question, obligeant le Conseil à se prononcer.


La décision du Conseil laisse également ouverte la possibilité de nouvelles propositions législatives, alors que la censure des mesures s'est principalement faite sur la forme, notamment la censure de
"cavaliers législatifs"
, c'est-à-dire sans lien avec l'objectif de la loi.

Le Huffington Post indique que malgré sa promulgation et publication au Journal Officiel, la loi sur l'immigration n'a pas encore achevé son parcours juridique. Les dispositions non examinées par le Conseil constitutionnel sont susceptibles de faire l'objet de contestations, notamment par le biais des QPC.


En outre, le paysage politique français actuel suggère que de nouvelles initiatives législatives pourraient émerger, reflétant les divisions et les débats continus autour de cette question sensible.

Pour rappel, par un communiqué publié jeudi soir,
"les députés du groupe LFI-NUPES
" demandent le retrait de cette loi.

"Ils ne céderont rien sur les questions d'accueil qui fondent notre République et resteront vigilants sur l'application de ces mesures et les réformes à venir"
, soulignent-ils.

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