France: Plus de 2 000 enfants sans abri en pleine rentrée scolaire

15:0329/08/2024, الخميس
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Dessin portant l'inscription "Pas d'enfants à la rue", à Toulouse le 21 novembre 2023.
Crédit Photo : Matthieu RONDEL / AFP (Archive)
Dessin portant l'inscription "Pas d'enfants à la rue", à Toulouse le 21 novembre 2023.

En France, plus de 2 000 enfants, dont près de 500 âgés de moins de 3 ans, ont passé une nuit sans solution d'hébergement entre le 19 et le 20 août, un chiffre en forte hausse par rapport à 2022.

Au moins 2 043 enfants, dont 467 âgés de moins de 3 ans, sont restés sans solution d'hébergement dans la nuit du 19 au 20 août en France, à la suite de la demande de leur famille au 115 (numéro d'urgence pour les personnes sans abri), ont indiqué jeudi Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).


Le chiffre de 2 043 est largement sous-évalué, le baromètre "Enfants à la rue" ne prenant pas en compte ceux qui ont renoncé à appeler le 115, les enfants vivant dans des bidonvilles ou en squats, ou encore les mineurs non accompagnés, précisent Adeline Hazan, présidente d'Unicef France, et Pascal Brice, président de la FAS, dans une tribune commune publiée dans *Le Monde* le 29 août, et reprise sur le site officiel de l'Unicef. Ils notent:


C'est un chiffre inédit en cette période de rentrée, en hausse de 27 % par rapport à 2022.

Un nombre record d'enfants sans abri en France


"Pour la sixième fois, nous publions ce baromètre 'Enfants à la rue' et, une fois de plus, nous dénonçons l'inadéquation et l'insuffisance des politiques publiques face à ce drame persistant. Les gouvernements successifs ont échoué à répondre aux dysfonctionnements des politiques publiques de l'aide à l'enfance, de la santé mentale, de la prise en charge des femmes victimes de violences, du logement ou de la politique migratoire qui poussent des familles à la rue, sans compter le niveau des salaires de tant de travailleurs pauvres"
, écrivent Adeline Hazan et Pascal Brice.

Et d'ajouter:
"Pire, ils ont souvent fait le choix de mener des politiques délétères: loi dite 'anti-squat', mesures prises à l'encontre des bailleurs sociaux, baisse des APL… allant à l'encontre de nos préconisations et entraînant des reculs notables dans la lutte contre l'exclusion et le sans-abrisme. Nous voulons croire que le funeste projet de loi 'relatif au développement de l'offre de logements abordables', qui menace la loi SRU et le logement social, est définitivement abandonné".

Appel à des mesures urgentes


Estimant que
"des solutions existent"
, les deux signataires appellent à
"une augmentation immédiate du nombre de places d'hébergement et la mise en œuvre d'une politique pluriannuelle de l'hébergement et du logement, avec des moyens suffisants pour répondre durablement aux causes du sans-abrisme et à la crise du logement".

"Ces mesures doivent être mises en œuvre sans délai pour garantir à tous les enfants, quels qu'ils soient, d'être logés dans des conditions dignes, adaptées à leurs besoins et conformes à leur intérêt supérieur. Nous ne pouvons plus tolérer qu'un seul d'entre eux dorme à la rue. Si la Convention internationale des droits de l'enfant, ratifiée par la France, nous y engage, c'est avant tout notre humanité qui nous y oblige"
, concluent-ils.

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