Besançon: un militant juif propalestinien exclu d’une manifestation antifasciste par la police

La rédaction
18:5424/03/2026, mardi
Yeni Şafak

À Besançon, Norbert Nusbaum, militant juif engagé pour la cause palestinienne, affirme avoir été empêché de manifester lors d’une marche antifasciste. Selon son témoignage, l’intervention de la police aurait été sollicitée par Paul Guadardo, un militant proche des milieux pro-israéliens se faisant appeler "Toufik de Planoise". Cet épisode, rare dans l’histoire des mobilisations de gauche, suscite de vives interrogations. Il met en lumière des tensions internes liées aux positions sur Israël et la Palestine, ainsi que des accusations visant certains militants pro-israéliens accusés de fragiliser les dynamiques collectives.

Un témoignage inédit dans l’histoire des mobilisations de gauche


L’affaire suscite une vive controverse. À Besançon,
Norbert Nusbaum
, militant juif propalestinien engagé depuis plus de cinquante ans à gauche, affirme avoir été empêché de participer à une manifestation antifasciste et contre l’islamophobie.

"Pour la première fois de ma vie, j'ai été empêché de manifester non pas par la police, mais par quelqu'un qui se réclame de l'antifascisme"
, déclare-t-il.

Selon son récit, les faits se sont produits lors d’une marche des solidarités organisée par plusieurs collectifs. Arrivé en amont avec un drapeau palestinien, il affirme avoir été directement ciblé par un militant local proche des milieux pro-israéliens,
Paul Guardado
, avec lequel il entretient des différends politiques.

Paul Guadardo, militant de gauche ou indic de la police ?


Quelques minutes plus tard, six policiers sont intervenus.
"Le responsable de l'équipe de police a dit clairement que c'était moi qu'il venait voir"
, explique-t-il. Les forces de l’ordre lui auraient alors demandé de ne pas participer à la manifestation, invoquant des risques de troubles à l’ordre public.

Face à cette situation, le militant affirme avoir choisi de se retirer pour éviter toute tension
. "On ne voulait pas que ça gâche une manifestation antifasciste"
, précise-t-il.

Un tel recours à la police pour exclure un militant constitue un fait rare, voire inédit, dans l’histoire récente des mobilisations de gauche.
Traditionnellement, les conflits internes se règlent sans intervention des forces de l’ordre, particulièrement dans les milieux antifascistes.

Une fracture politique autour de la question israélo-palestinienne


Au-delà de l’incident, cet épisode met en lumière des tensions profondes au sein de la gauche française.


Norbert Nusbaum
dénonce l’influence de militants qu’il qualifie de pro-israéliens, accusés de s’attaquer systématiquement aux voix critiques de la politique israélienne.
"Plutôt que de critiquer Israël tous les jours, certains passent leur temps à attaquer les militants"
, affirme-t-il.

Si le militant n'insiste pas sur la portée symbolique de son exclusion, il convient de noter que cet acte n’est pas anodin au regard du poids de l’histoire.


Expulser un juif engagé pour la cause palestinienne, en 2026. Seul le Likoud (parti d'extrême-droite israélienne, organisateur du génocide à Gaza) a eu l'audace de faire la même chose.


Membre de l’
Union juive française pour la paix
à Besançon, il revendique un engagement constant contre ce qu’il décrit comme une politique de colonisation.
"Quand on est un être humain et qu’on voit un génocide, ça doit hanter les jours et les nuits"
, déclare-t-il.

Le rôle controversé de Paul Guardado


Au cœur de la polémique, la figure de
Paul Guardado
cristallise les critiques.

Ce militant local, connu pour ses accointances avec les cercles pro-israéliens, se revendique antifasciste. Connu des services de police, il n'a jamais été inquiété par cette dernière. Au contraire, celle-ci semble intervenir très rapidement lorsque Guadardo l'appelle.


Paul Guadardo
serait-il un
"infiltré"
au sein des mouvements de gauche pour mieux la diviser ?
"C'est ce que l'on pense mais nous ne pouvons pas le prouver"
, déclare Ahmed, un militant bisontin joint par téléphone et qui préfère garder l'anonymat.

Toufik de Planoise passe son temps à attaquer le collectif de soutien à la Palestine et à diviser les militants.

Norbert Nusbaum
accuse quant à lui Guadardo, qui se fait appeler également
"Toufik de Planoise"
sur les réseaux sociaux", d’avoir contribué à la dissolution d’un c
ollectif de soutien à la Palestine
à Besançon, en multipliant les tensions internes.

"Depuis deux ans, il passe plus de temps à attaquer le collectif qu'à critiquer Israël"
, affirme-t-il.

Aucune preuve formelle ne vient étayer ces accusations à ce stade. Mais elles traduisent un climat de suspicion croissant au sein de certains milieux militants.


Un contexte politique local sous tension


Cet incident intervient dans un contexte politique particulier. Besançon vient de basculer à droite à la suite des élections municipales organisées ce dimanche, renforçant les inquiétudes de certains militants quant à l’évolution du rapport de forces local.


Pour
Norbert Nusbaum
, cet épisode doit servir d’alerte.
"Ce genre de méthode n’a pas droit de cité dans les milieux de gauche et antifascistes"
, insiste-t-il.

Il regrette également le silence de la presse locale.
"J’ai demandé à plusieurs médias de relayer mon témoignage. Vous êtes le seul à avoir accepté"
, déclare-t-il.

Une alerte sur les dérives internes


Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions plus larges sur l’état du
militantisme de gauche
en France.

Le recours à la police pour exclure un militant, de surcroît juif, dans une manifestation antifasciste, apparaît pour certains comme une rupture majeure avec les pratiques historiques du mouvement.


Elle met en lumière une fragmentation idéologique croissante, notamment autour des questions liées à Israël et à la Palestine.


Pour ses soutiens,
Norbert Nusbaum
incarne une voix critique qu’il devient difficile de faire entendre. Pour ses détracteurs, ces tensions traduisent des désaccords politiques profonds.

Une chose est sûre: l’incident de Besançon pourrait marquer un tournant dans les débats internes à la gauche française.


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