France: à son procès en appel, Marine Le Pen plaide la "bonne foi"

La rédaction avec
19:2021/01/2026, mercredi
AFP
Marine Le Pen, lors de la pause de son audience pendant son procès en appel.
Crédit Photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marine Le Pen, lors de la pause de son audience pendant son procès en appel.

La cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen a plaidé mercredi la "bonne foi" de son parti au deuxième jour du procès en appel à Paris des assistants parlementaires d'eurodéputés, dont l'issue est décisive pour sa candidature à l'élection présidentielle en 2027.

La cheffe de l’extrême droite française, Marine Le Pen, a défendu mercredi la
"bonne foi"
de son parti lors du deuxième jour du procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés à Paris, un procès dont l’issue pourrait peser sur sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
"Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d'une absence totale de rigueur? Car nous étions totalement de bonne foi"
, a fait valoir mercredi matin Mme Le Pen, qui avait déjà nié la veille tout
"système"
de détournements de fonds.

La justice lui reproche, ainsi qu'à son parti Rassemblement national (précédemment appelé Front national, FN) et à dix autres cadres, le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du FN avec de l'argent du Parlement européen (PE). Le détournement de fonds publics au préjudice du PE a été chiffré à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros déjà remboursés par une partie des prévenus.

Mme Le Pen avait été condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, 100.000 euros d'amende et, surtout, cinq ans d'inéligibilité avec effet immédiat.

Une sentence qui l'empêche à date de concourir à l'élection présidentielle de 2027, au moment où l'extrême droite française a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l'Assemblée nationale et qui pourrait contraindre Mme Le Pen à céder la place à son poulain Jordan Bardella.

Devant la cour d'appel, elle soutient que si son parti a commis un délit, ce n'était en rien intentionnel, blâmant l'administration du Parlement européen.

Certes, a-t-elle concédé,
"des reproches incontestablement peuvent nous être faits"
. Mais les problèmes liés à l'emploi d'assistants parlementaires découlent selon elle d'un défaut d'information et de contrôle de l'institution européenne, car
"l'administration du Parlement européen était beaucoup plus coulante que ce qu'elle est aujourd'hui"
.
Pour Marine Le Pen, l'activité politique des assistants parlementaires résultait du
"cordon sanitaire"
mis en place contre la formation d'extrême droite dans l'hémicycle européen.
"L'objectif était d'interdire à un député du FN d'avoir la moindre mission au sein d'une commission (...) On nous avait un petit peu condamnés à une fonction tribunitienne"
, a estimé l'ancienne eurodéputée, selon laquelle le temps écoulé depuis les faits rend
"extrêmement difficile de faire peser la preuve de son innocence"
.

Son interrogatoire doit se poursuivre mercredi après-midi. Le procès doit durer jusqu'au 11 février.

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