Pakistan en médiation secrète entre Iran et États-Unis

La rédaction avec
16:3529/04/2026, mercredi
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Islamabad tente de débloquer les discussions sur le détroit d’Ormuz et le nucléaire iranien via une diplomatie discrète entre Washington et Téhéran.
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Islamabad tente de débloquer les discussions sur le détroit d’Ormuz et le nucléaire iranien via une diplomatie discrète entre Washington et Téhéran.

À l’abri de l’attention médiatique, le Pakistan mène des efforts diplomatiques discrets pour tenter de sortir de l’impasse entre les États-Unis et l’Iran, en recherchant une nouvelle formule d’accord sur le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien, ont indiqué mercredi deux sources gouvernementales pakistanaises.

"Les deux parties sont activement engagées dans une diplomatie de coulisses, échangeant des propositions et contre-propositions par l’intermédiaire du Pakistan afin de parvenir à un accord"
, a déclaré une source, précisant que les discussions portent principalement sur le détroit d’Ormuz, actuellement quasi fermé, et sur le dossier nucléaire.

Les sources n’ont toutefois pas fourni de détails sur les propositions en cours, soulignant que l’objectif d’Islamabad est de trouver une
"voie médiane"
sur ces deux dossiers sensibles.

Washington et Téhéran restent en désaccord sur une nouvelle proposition iranienne transmise par le Pakistan, à la suite de deux visites à Islamabad la semaine dernière du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.


Cette proposition prévoit la fin de la guerre et la réouverture du détroit d’Ormuz en échange de la levée du blocus américain sur les ports iraniens. Téhéran a également suggéré de reporter les discussions sur son programme nucléaire à une phase ultérieure, une offre que le président américain Donald Trump
"n’a, jusqu’à présent, pas montré de volonté d’accepter"
, selon les sources.

"Rien n’est encore définitif, les échanges se poursuivent"
, a indiqué une source, ajoutant que le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar et le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, sont
"personnellement engagés"
dans ces efforts de médiation.

Selon la même source, Munir s’est entretenu à plusieurs reprises avec Donald Trump ces dernières semaines dans le cadre de cette diplomatie discrète.


L’Iran estime que la question nucléaire, jugée complexe, nécessite des négociations longues et approfondies, et propose de traiter en priorité le dossier du détroit d’Ormuz, considéré comme plus accessible. Les États-Unis privilégient toutefois un accord simultané sur les deux volets.

Faibles risques de reprise du conflit


Le Pakistan a accueilli un premier cycle de négociations entre Washington et Téhéran les 11 et 12 avril, sans parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre. Ces discussions faisaient suite à un cessez-le-feu de deux semaines négocié le 8 avril, prolongé par la suite par Donald Trump.


Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a affirmé mercredi que les efforts diplomatiques d’Islamabad se poursuivent
"de manière constante"
afin d’aboutir à une solution négociée, alors que le conflit continue de perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux.

Les sources pakistanaises estiment que les chances d’une reprise des hostilités restent faibles malgré les tensions persistantes.
"Il s’agit d’un bras de fer entre les deux parties. Les probabilités d’une reprise de la guerre restent limitées, malgré les informations faisant état d’un renforcement militaire américain dans la région"
, a indiqué une source.

Selon ces sources, l’Iran considère que les perturbations du marché énergétique mondial, l’opposition croissante à la guerre aux États-Unis et en Europe, ainsi que la baisse de popularité de Donald Trump constituent des obstacles à une reprise du conflit.

De leur côté, les États-Unis estiment que les difficultés économiques croissantes de l’Iran pourraient contraindre Téhéran à accepter un accord conforme aux attentes de Washington.


"Il ne faut pas se fier uniquement aux déclarations publiques. Les deux parties doivent aussi répondre à leurs opinions internes"
, a souligné une autre source.

Nucléaire et sécurité régionale


Les récents déplacements d’Abbas Araghchi au Pakistan, à Oman et en Russie, ainsi que ses échanges avec ses homologues saoudien, égyptien, français et qatari, ont porté principalement sur le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire, selon les sources.

Les États-Unis ont déjà rejeté une proposition russe visant à conserver l’uranium enrichi iranien, selon le Kremlin. Par ailleurs, Téhéran chercherait à obtenir des garanties sur l’application de tout futur accord, notamment en sollicitant le rôle de garant du président russe Vladimir Poutine afin d’éviter toute nouvelle attaque américaine ou israélienne.


En parallèle des discussions avec Washington, l’Iran évoque également la mise en place d’un cadre de sécurité régionale avec les pays voisins afin de se prémunir contre toute
"agression extérieure"
. Toutefois, selon les sources, cette initiative apparaît prématurée en raison de plusieurs facteurs, notamment l’influence militaire et économique des États-Unis dans la région, les sanctions internationales visant Téhéran et les tensions persistantes entre l’Iran et certains pays arabes.

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