
Des Palestiniens rentrant dans la bande de Gaza par le point de passage de Rafah, récemment rouvert, ont fait état de mauvais traitements répétés, d’abus et d’humiliations infligés par les forces militaires israéliennes, a indiqué le Bureau des droits de l’homme des Nations unies.
Dans un communiqué, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a rapporté que des personnes de retour ont affirmé avoir été interceptées après leur passage par des Palestiniens armés, présentés comme agissant avec le soutien de l’armée israélienne, puis conduites vers un poste de contrôle militaire israélien.
Selon ces témoignages, certains individus armés auraient ligoté et aveuglé les personnes concernées, procédé à des fouilles, proféré des menaces et des intimidations, et dérobé des effets personnels ainsi que de l’argent.
À leur arrivée au poste de contrôle israélien, les rapatriés ont décrit des violences, des interrogatoires humiliants et des fouilles corporelles intrusives portant atteinte à leur dignité et à leur vie privée.
Dans certains cas, ces fouilles auraient été menées alors que les personnes avaient les mains attachées et les yeux bandés, a précisé le HCDH.
Des témoins ont également affirmé que des soldats leur avaient refusé l’accès à des soins médicaux et empêché l’utilisation des toilettes, entraînant des situations d’humiliation extrême, certains ayant été contraints d’uriner en public.
Plusieurs personnes ont par ailleurs indiqué avoir été interrogées sur leur disposition à accepter de l’argent en échange d’un retour en Égypte avec leurs familles, à condition de ne jamais revenir à Gaza. D’autres ont déclaré s’être vu proposer de l’argent pour collaborer comme informateurs avec l’armée israélienne.
Traitements inhumains
Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, l’ensemble de ces récits révèle un schéma de comportements portant atteinte aux droits des Palestiniens à la sécurité et à la dignité, ainsi qu’à leur protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le directeur du bureau, Ajith Sunghay, a souligné que la communauté internationale avait la responsabilité de veiller à ce que toutes les mesures concernant Gaza soient conformes au droit international et respectent pleinement les droits humains des Palestiniens.
De son côté, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a appelé l’ensemble des parties à respecter leurs obligations au regard du droit international humanitaire, notamment en matière de protection des civils et des infrastructures civiles. Il a précisé que les équipes onusiennes sur le terrain avaient accueilli 25 nouveaux rapatriés durant la nuit après leur passage par Rafah.
Le Programme des Nations unies pour le développement a assuré leur transport vers l’hôpital Nasser à Khan Younis, où le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et ses partenaires gèrent un centre d’accueil fournissant un soutien psychologique, médical et en matière de protection. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses partenaires ont, pour leur part, facilité l’évacuation de 22 patients et 31 accompagnants de Gaza vers l’Égypte mercredi et jeudi via le point de passage de Rafah.
L’OMS a indiqué que ses priorités incluent l’augmentation de l’acheminement de l’aide humanitaire et des fournitures médicales vers Gaza, l’accélération des services de santé, la réhabilitation des structures endommagées et l’élargissement des services essentiels. Ces efforts sont jugés indispensables pour renforcer un système de santé résilient et durable et réduire le recours aux évacuations médicales.
Stéphane Dujarric a également renouvelé l’appel à la réouverture du mécanisme de référence médicale vers la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, afin d’améliorer l’accès aux soins, alors que plus de 18 500 patients à Gaza ont toujours besoin de traitements spécialisés indisponibles localement.
Un accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre a mis fin à une offensive israélienne lancée en octobre 2023 et prolongée durant deux ans, ayant fait près de 72 000 morts palestiniens et plus de 171 000 blessés, tout en détruisant environ 90 % des infrastructures de Gaza. Malgré ce cessez-le-feu, l’armée israélienne aurait continué à le violer, causant la mort de 574 Palestiniens et faisant 1 518 blessés supplémentaires, selon le ministère de la Santé de Gaza.









