Affaire Epstein: La Türkiye, un ennemi difficile à influencer

La rédaction
15:035/02/2026, Perşembe
Yeni Şafak

La publication de millions de documents relance l’affaire Jeffrey Epstein sous un angle géopolitique. Au-delà des crimes sexuels, ces archives dévoilent des réseaux d’influence internationaux et la perception de La Türkiye comme un acteur hostile aux intérêts occidentaux et israéliens. Des échanges privés attribués à Epstein évoquent Recep Tayyip Erdogan, le rôle de l’armée turque, le Robert College d’Istanbul et des hypothèses stratégiques régionales. Une enquête est désormais ouverte à Ankara, tandis que des millions de documents restent encore inédits.

Nouveaux rebondissements dans l’affaire du pédocriminel
Jeffrey Epstein
après la publication, il y a quelques jours, de plus de trois millions de documents, dont 180 000 photos et 2 000 vidéos. Ces archives, issues de procédures judiciaires et de fonds privés, mettent en lumière à la fois ses pratiques pédophiles et ses liens avec certains des hommes les plus puissants de la planète.

Jeffrey Epstein
, financier américain multimillionnaire condamné pour crimes sexuels sur mineures, tirait son pouvoir réel non de sa seule fortune personnelle, mais de réseaux d’influence internationaux extrêmement structurés. Ces réseaux lui permettaient d’accéder à des cercles politiques, économiques et intellectuels de tout premier plan, bien au-delà de ce que son statut officiel aurait dû autoriser.

Selon l’historien britannique Andrew Lownie, Epstein, retrouvé pendu dans sa cellule en 2019, aurait été un agent d’influence rémunéré du
Mossad
. Cette affirmation, largement commentée, s’inscrit dans une analyse plus large de son rôle présumé à l’intersection de l’argent, du renseignement, du pouvoir et de la compromission.

Son inscription dans des cercles américano-israéliens, son positionnement idéologique sioniste et surtout ses relations étroites avec des figures majeures de l’appareil sécuritaire et politique israélien, notamment l’ancien Premier ministre Ehud Barak, constituent un élément structurant de son environnement relationnel.


La perception d’Erdogan et de la Türkiye


Dans ce contexte, plusieurs courriels attribués à Jeffrey Epstein et datant de 2018 révèlent sa perception du président turc
Recep Tayyip Erdogan
. Dans ces échanges, Epstein décrit Erdogan comme une menace pour les intérêts occidentaux et israéliens.

Il affirme notamment que le dirigeant turc aurait écarté presque tous les officiers pro-israéliens de l’armée turque. À plusieurs reprises, Epstein évoque une purge massive au sein des forces armées, qualifiant cette situation de vraiment mauvaise pour Israël.


Ces propos s’inscrivent dans une lecture géopolitique où La Türkiye apparaît comme un acteur de plus en plus indépendant, échappant aux réseaux d’influence traditionnels et remettant en cause certains équilibres régionaux établis.


Hypothèses stratégiques et enjeux régionaux


Mais ces échanges vont plus loin. Considérant La Türkiye comme un levier stratégique majeur au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale, Epstein évoque également un possible rôle indirect du Mossad, notamment via des milices kurdes, afin de contenir l’influence régionale croissante d’Ankara.


Les mails mentionnent ainsi une hypothèse stratégique impliquant un soutien accru à certains acteurs non étatiques, dans une logique de contre-influence face à l’affirmation géopolitique turque.


Par ailleurs, les nouveaux documents révèlent des échanges datant de 2014 dans lesquels Thomas Jr. Landon, alors journaliste au New York Times et membre du conseil d’administration américain du Robert College d’Istanbul, sollicite l’aide de Jeffrey Epstein afin de soutenir la mission de cet établissement face à la montée de ce qu’il qualifie d’islam conservateur en Türkiye.


Dans ces échanges, le
Robert College
est présenté comme une institution d’élite formant depuis plus de 150 ans les meilleurs et les plus brillants de la Türkiye selon des principes d’arts libéraux de tradition occidentale.

Enquête ouverte et documents encore inédits


Enfin, toujours concernant la Türkiye dans le dossier Epstein, une vidéo retrouvée parmi les documents, dans laquelle on entend un enfant agressé appeler sa mère en langue turque, a été largement diffusée et commentée sur les réseaux sociaux. L’homme dont le nom est mentionné par l’enfant dans cette vidéo serait, selon certaines sources, l’ancien secrétaire général de la Maison-Blanche John Podesta.


À la suite de ces révélations, le parquet général de la République d’Ankara a annoncé, le 3 février, l’ouverture d’une enquête portant sur des allégations selon lesquelles des enfants enlevés ou portés disparus auraient été emmenés de La Türkiye vers l’île de Jeffrey Epstein.


Près de deux millions de documents n’ont toujours pas été rendus publics. Ces archives pourraient contenir de nouvelles révélations susceptibles de bouleverser encore l’affaire et d’éclairer davantage les mécanismes d’influence à l’œuvre autour de Jeffrey Epstein.

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