L'Allemagne restitue à la France deux fragments de la tapisserie de Bayeux prélevés en 1941

La rédaction
17:4819/01/2026, الإثنين
MAJ: 19/01/2026, الإثنين
AFP
Photographie non datée publiée par le musée de Bayeux le 14 janvier 2026 : deux fragments de toile de lin de la tapisserie de Bayeux récemment restitués à la France.
Crédit Photo : DOCUMENT FOURNI PAR LE MUSÉE DE BAYEUX / AFP
Photographie non datée publiée par le musée de Bayeux le 14 janvier 2026 : deux fragments de toile de lin de la tapisserie de Bayeux récemment restitués à la France.

Deux petits fragments de la tapisserie de Bayeux prélevés en 1941 par un scientifique nazi ont été restitués à la France mercredi à Bayeux (nord-ouest) par la région allemande du Schleswig-Holstein, a-t-on appris auprès du musée de la tapisserie.

La région allemande du Schleswig-Holstein a restitué mercredi à la France, à Bayeux, deux petits fragments de la tapisserie de Bayeux prélevés en 1941 par un scientifique nazi, a indiqué le musée de la Tapisserie.


Ces deux fragments de toile de lin, d'un à deux centimètres de long, non brodés, avaient été découverts par hasard en 2023 dans les archives personnelles de Karl Schlabow, spécialiste des textiles anciens et directeur de musée allemand, décédé en 1984, a indiqué le musée.


M. Schlabow avait été missionné par le régime nazi durant l'Occupation, à l'été 1941, pour une étude approfondie des matériaux de la tapisserie de Bayeux, jamais publiée, selon la même source.


Le chercheur faisait partie de l'Ahnenerbe, un institut oeuvrant à la recherche d'un
"héritage ancestral"
de la
"race aryenne"
.

Les deux fragments,
"vraisemblablement"
prélevés par M. Schlabow, permettent selon le musée d'améliorer
"la connaissance historique et scientifique de cet objet unique au monde"
.

La tapisserie de Bayeux est un "récit brodé" sur toile de lin du XIe siècle de 70 mètres de long qui raconte la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume, duc de Normandie, futur "Guillaume le Conquérant".


Les fragments prélevés en 1941 ont été restitués mercredi par Rainer Hering, directeur des Archives du Schleswig-Holstein, qui a salué
"l'importance historique du travail de l'archéologue textile qu'était Karl Schlabow"
.

"C'est au cours de l'inventaire de ce fonds en 2023 qu'on a découvert une plaque de verre qui enfermait des morceaux de tissu"
, a-t-il expliqué,
"avec d'autres documents et grâce à l'étiquetage de la plaque, il a été possible d'identifier ces fragments"
comme provenant de la tapisserie de Bayeux.

"Pour notre service d'archives du Land il était évident que ces morceaux de tissu prélevés par les nazis il y a 85 ans devaient être restitués à la France"
, a conclu M. Hering.

Avant leur retour en France, ils avaient été exposés en 2025 dans le cadre de l'exposition "1066 - La chute des Vikings" au musée du Schleswig-Holstein.


Un autre fragment de la tapisserie, brodé celui-là, avait déjà été restitué en 1872 par le South Kensington Museum (aujourd'hui Victoria and Albert Museum) de Londres, après avoir été prélevé en 1816 par un artiste britannique du nom de Charles Stothard, envoyé sur place pour réaliser une reproduction de l'oeuvre.


Cette restitution intervient alors que la tapisserie de Bayeux fait de nouveau l’objet d’un débat international, après l’annonce de son prêt au Royaume-Uni, un projet qui suscite de vives inquiétudes parmi les experts et le monde de l’art quant à la conservation de cette œuvre millénaire et à la faisabilité de son déplacement.


Publication de l’association Sites & Monuments (SPPEF), association nationale, sur X.

En effet, des artistes, dont le Britannique David Hockney, remettent en cause ce prêt, estimant qu’il présente des risques pour l’œuvre. Le British Museum, pour sa part, affirme être pleinement préparé à ce prêt et disposer de toutes les capacités techniques et scientifiques requises pour garantir la sécurité de l’œuvre.


À lire également:





#histoire
#culture
#France
#Allemagne
#Karl Schlabow
#Guillaume Le conquérant
#British Museum
#Tapisserie de Bayeux
#Prêt
#Patrimoine matériel
#Patrimoine en danger
#Angleterre