
Deux petits fragments de la tapisserie de Bayeux prélevés en 1941 par un scientifique nazi ont été restitués à la France mercredi à Bayeux (nord-ouest) par la région allemande du Schleswig-Holstein, a-t-on appris auprès du musée de la tapisserie.
La région allemande du Schleswig-Holstein a restitué mercredi à la France, à Bayeux, deux petits fragments de la tapisserie de Bayeux prélevés en 1941 par un scientifique nazi, a indiqué le musée de la Tapisserie.
Ces deux fragments de toile de lin, d'un à deux centimètres de long, non brodés, avaient été découverts par hasard en 2023 dans les archives personnelles de Karl Schlabow, spécialiste des textiles anciens et directeur de musée allemand, décédé en 1984, a indiqué le musée.
M. Schlabow avait été missionné par le régime nazi durant l'Occupation, à l'été 1941, pour une étude approfondie des matériaux de la tapisserie de Bayeux, jamais publiée, selon la même source.
La tapisserie de Bayeux est un "récit brodé" sur toile de lin du XIe siècle de 70 mètres de long qui raconte la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume, duc de Normandie, futur "Guillaume le Conquérant".
Avant leur retour en France, ils avaient été exposés en 2025 dans le cadre de l'exposition "1066 - La chute des Vikings" au musée du Schleswig-Holstein.
Un autre fragment de la tapisserie, brodé celui-là, avait déjà été restitué en 1872 par le South Kensington Museum (aujourd'hui Victoria and Albert Museum) de Londres, après avoir été prélevé en 1816 par un artiste britannique du nom de Charles Stothard, envoyé sur place pour réaliser une reproduction de l'oeuvre.
Cette restitution intervient alors que la tapisserie de Bayeux fait de nouveau l’objet d’un débat international, après l’annonce de son prêt au Royaume-Uni, un projet qui suscite de vives inquiétudes parmi les experts et le monde de l’art quant à la conservation de cette œuvre millénaire et à la faisabilité de son déplacement.
En effet, des artistes, dont le Britannique David Hockney, remettent en cause ce prêt, estimant qu’il présente des risques pour l’œuvre. Le British Museum, pour sa part, affirme être pleinement préparé à ce prêt et disposer de toutes les capacités techniques et scientifiques requises pour garantir la sécurité de l’œuvre.










