
Dans une interview exclusive accordée à Nouvelle Aube, Sonia, infirmière de 37 ans, affirme avoir subi des violences policières lors d’une interpellation à Paris le 14 octobre 2023. Placée en garde à vue après un contrôle place de la République, elle décrit des violences physiques, psychologiques et verbales ainsi que des conditions de détention dégradantes. Elle évoque aussi une crise d’asthme durant laquelle son traitement lui aurait été refusé. Malgré une plainte déposée auprès de l’IGPN, l’affaire a été classée sans suite. Une enquête du Défenseur des droits est toujours en cours.
Dans une interview exclusive accordée à Nouvelle Aube, Sonia, 37 ans, infirmière, raconte la garde à vue qu’elle affirme avoir subie dans des conditions violentes et humiliantes à Paris le 14 octobre 2023.
Elle évoque des violences physiques, psychologiques et verbales lors de son interpellation par des CRS place de la République, puis au commissariat où elle a passé plus de vingt-quatre heures en cellule.
Son témoignage intervient alors que les accusations de violences policières continuent d’alimenter le débat public en France.
Une interpellation brutale
Sonia explique qu’elle s’était rendue place de la République pour retrouver des amis qu’elle n’avait pas vus depuis deux ans.
Mais l’atmosphère sur place lui paraît immédiatement inhabituelle.
Selon son récit, plusieurs personnes auraient été bloquées dans la rue du Faubourg-du-Temple.
Sonia affirme avoir simplement demandé à quitter la rue afin de rejoindre une amie qui l’attendait à proximité.
Elle raconte qu’à ce moment-là deux policiers se seraient approchés d’elle.

Une garde à vue marquée par des violences psychologiques et physiques
Après son interpellation, Sonia affirme avoir été transportée au commissariat sans explication claire.
Elle décrit ensuite les conditions de sa cellule.

Selon son témoignage, elle n’aurait pas été autorisée à prévenir ses proches.
Elle affirme également avoir été privée d’accès régulier aux toilettes alors qu’elle était indisposée.
Ils ont dit que je pouvais me suicider.
L’infirmière évoque aussi un épisode particulièrement traumatisant.
Une crise d’asthme et un refus de traitement
Sonia indique également que son sac contenant des médicaments lui aurait été confisqué.
Durant la nuit, elle affirme avoir subi une crise d’asthme.
Elle raconte que son état physique s’est ensuite dégradé.
Lorsqu’elle demande à être examinée, elle affirme qu’un agent l’aurait violemment poussée au sol.
Des ecchymoses auraient ensuite été constatées par un médecin deux jours plus tard, selon son témoignage.
Une plainte classée sans suite par l’IGPN
Au terme de vingt-quatre heures de garde à vue, Sonia raconte avoir été libérée dans des conditions brutales.
Avec son avocat, Sonia a déposé plainte auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Mais la procédure a finalement été classée sans suite.
Elle affirme avoir découvert que sa garde à vue aurait été justifiée par une accusation d’insulte envers un agent.
Des éléments manquants dans l’enquête
Sonia dit également s’interroger sur le déroulement de l’enquête.
Selon elle, les enregistrements audio et les vidéos de l’interpellation n’auraient pas pu être exploités.
Elle souligne pourtant la présence de témoins.
Une procédure auprès du Défenseur des droits est toujours en cours.
Un traumatisme durable
Sonia affirme avoir subi un choc psychologique après ces événements.
Elle indique qu’un psychiatre a attesté d’un état de choc.
Elle ajoute que la garde à vue a ravivé ce traumatisme.
Quelques mois plus tard, elle a décidé de quitter le pays.









