Gaza: la "ligne orange" redessine le territoire et aggrave la crise

La rédaction avec
11:153/05/2026, Pazar
MAJ: 3/05/2026, Pazar
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À Gaza, une "ligne orange" redessine le terrain. Le contrôle israélien dépasse 60%, aggravant la crise humanitaire et freinant les négociations.
Crédit Photo : AA / AA
À Gaza, une "ligne orange" redessine le terrain. Le contrôle israélien dépasse 60%, aggravant la crise humanitaire et freinant les négociations.

Une nouvelle "ligne orange" redessine progressivement la carte de Gaza, alors qu’Israël étend son contrôle territorial au-delà des limites du cessez-le-feu de 2025. Selon des sources palestiniennes, plus de 60% de l’enclave seraient désormais sous contrôle israélien. Cette avancée provoque de nouveaux déplacements de population et aggrave la crise humanitaire. L’ONU confirme l’existence de cette nouvelle ligne, tandis que les négociations pour prolonger la trêve restent dans l’impasse.

Une nouvelle ligne de démarcation, surnommée
"ligne orange"
, redéfinit progressivement la réalité sur le terrain dans la bande de Gaza. L’armée israélienne étend son contrôle au-delà des limites fixées par le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.

Cette évolution marque un dépassement de la "ligne jaune", qui définissait jusque-là les zones de présence militaire israélienne à l’est de l’enclave. Selon les termes initiaux de la trêve, cette ligne couvrait environ 53% du territoire.


Une progression territoriale qui dépasse les accords


D’après des sources palestiniennes, la ligne a été progressivement déplacée vers l’ouest ces derniers mois. Bassem Naim, responsable du Hamas, affirme qu’Israël a avancé cette limite de 8% à 9% supplémentaires.


Cette progression porterait la zone sous contrôle israélien à plus de 60% de la bande de Gaza. En conséquence, l’espace accessible aux Palestiniens se réduit à environ 38% du territoire.


Sur le terrain, cette
"ligne orange"
résulte de plusieurs mois d’opérations militaires. Des travaux d’excavation, de nivellement et le déplacement de blocs de béton ont modifié les repères existants. Des sources locales indiquent que ces marqueurs ont été déplacés progressivement, redessinant de fait les frontières.

Déplacements massifs et pression militaire accrue


Cette avancée a provoqué de nouveaux déplacements de population. Des familles ont été contraintes de fuir, notamment à Khan Younès, dans l’est de Gaza-ville et dans le nord de l’enclave.


Les civils se dirigent vers l’ouest pour éviter les tirs. Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et des tirs à balles réelles.


Ces opérations ont causé des morts et des blessés parmi les Palestiniens. Les forces israéliennes invoquent régulièrement le franchissement ou l’approche de la ligne initiale pour justifier ces tirs.


L’ONU confirme l’existence d’une nouvelle ligne


Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a confirmé l’apparition de cette nouvelle délimitation.


"Il y a désormais une autre ligne de couleur. Une soi-disant ligne orange a été présentée à nos collègues humanitaires"
, a-t-il déclaré à Anadolu.

Il a précisé que les équipes humanitaires doivent désormais coordonner leurs déplacements au-delà de cette ligne avec les autorités israéliennes.


"On nous a indiqué qu’au-delà de cette ligne, les équipes humanitaires doivent coordonner leurs mouvements à l’avance"
, a-t-il ajouté.

Selon lui, ces zones présentent un risque accru d’affrontements et une probabilité plus élevée de présence militaire israélienne.


Une réduction drastique de l’espace de vie


Pour les Palestiniens, la multiplication de ces lignes réduit fortement l’espace disponible. Plus de 2 millions de personnes vivent désormais dans des zones de plus en plus restreintes.


Des analystes estiment que ces nouvelles délimitations pourraient s’imposer comme une réalité durable sur le terrain.


Des responsables israéliens ont déjà évoqué cette perspective. Le chef d’état-major Eyal Zamir a qualifié la "ligne jaune" de "nouvelle ligne de frontière". Le ministre de la Défense Israel Katz a affirmé que les forces resteraient en place jusqu’au désarmement du Hamas.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré en mars que plus de la moitié de Gaza était sous contrôle israélien.


Des négociations dans l’impasse


Sur le plan diplomatique, les discussions visant à prolonger le cessez-le-feu restent bloquées. Des négociations menées au Caire sous médiation américaine n’ont enregistré que peu d’avancées.


Israël conditionne toute progression au désarmement du Hamas. Le mouvement de résistance palestinien insiste, de son côté, sur l’application préalable des accords existants.


Selon le ministère de la Santé de Gaza, Israël a poursuivi ses violations quotidiennes du cessez-le-feu. Ces actions ont causé la mort de 828 Palestiniens et fait 2 342 blessés.


Le conflit a déjà fait plus de 72 000 morts et 172 000 blessés. Environ 90% des infrastructures civiles ont été détruites. L’ONU estime le coût de la reconstruction à près de 70 milliards de dollars.


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