L’heure des comptes

11:032/05/2026, Cumartesi
MAJ: 2/05/2026, Cumartesi
Taha Kılınç

Juste après la fin des ténèbres du Baas, les Syriens se sont réveillés le 31 janvier 2025 avec une nouvelle à laquelle ils avaient du mal à croire : Atıf Necib, cousin du dictateur déchu Bachar el-Assad et ancien chef de la Sécurité politique de Deraa, l’un des hommes les plus puissants du régime à une époque, avait été capturé à Lattaquié et transféré à Damas. Atıf Necib était le principal responsable de l’assassinat sous d’atroces tortures de Hamza el-Hatib, 13 ans , figure emblématique du soulèvement

Juste après la fin des ténèbres du Baas, les Syriens se sont réveillés le 31 janvier 2025 avec une nouvelle à laquelle ils avaient du mal à croire : Atıf Necib, cousin du dictateur déchu Bachar el-Assad et ancien chef de la Sécurité politique de Deraa, l’un des hommes les plus puissants du régime à une époque, avait été capturé à Lattaquié et transféré à Damas.


Atıf Necib était le principal responsable de l’assassinat sous d’atroces tortures de Hamza el-Hatib, 13 ans
, figure emblématique du soulèvement populaire qui a éclaté en 2011 en Syrie. Sa capture vivant signifiait donc, dans la conscience des Syriens, que la vengeance du petit Hamza était enfin accomplie. Pour les puissants, l’heure des comptes avait désormais sonné.

Dimanche dernier, le 26 avril, le procès d’Atıf Necib a commencé à Damas. Suivie par une foule de journalistes, l’audience a également été marquée par la présence, en larmes, de Syriens ayant perdu des proches. Présenté menotté devant l’opinion publique, Atıf Necib a été placé dans une grande cage au sein de la salle d’audience. Après cela, le cri
"Hubel est tombé !"
qui s’est élevé à plusieurs reprises depuis les gradins constituait, pour qui pouvait le voir, une scène pleine d’enseignements. À l’époque de la Jâhiliya (période préislamique en Arabie), Hubel était la plus grande idole à l’intérieur de la Kaaba. Sa destruction lors de la conquête de La Mecque avait été un coup bouleversant et dévastateur pour les anciens maîtres de la ville.

Deux comptes réglés la même semaine


La phase du procès d’Atıf Necib a coïncidé avec un autre développement majeur survenu en Syrie quelques jours auparavant : Amjad Youssef, principal responsable du massacre de Tadamon (2013), qui avait horrifié le monde entier, a été capturé lors d’une opération dans la campagne de Hama. Les Syriens ont ainsi vécu deux joies dans la même semaine.
Les cœurs brisés ont été quelque peu réparés, et cette fois, les larmes ont coulé de joie et de gratitude.

Atıf Necib et Amjad Youssef ne sont que deux exemples parmi d’innombrables autres illustrant la manière dont la dictature baasiste, qui a pesé sur la Syrie comme un cauchemar pendant 61 ans, traitait les civils.
Pas seulement pendant la guerre, mais durant les décennies précédentes, les Syriens ont été contraints de vivre sous le poing de fer d’un tel régime. Leur dignité et leur honneur ont été constamment piétinés. L’illégalité est devenue une partie ordinaire de leur vie. Tandis qu’un régime minoritaire à caractère sectaire accaparait les richesses du pays, l’un des peuples les plus dignes et les plus intègres du monde arabe et musulman a été entraîné dans la pire des humiliations. Et tout cela s’est produit, surtout au cours des 40 dernières années, avec le soutien illimité de l’Iran, ses armes et ses munitions.

Silence face à l’Iran, puis rupture


Les lecteurs attentifs l’auront certainement remarqué : au moment où les États-Unis ont attaqué l’Iran, je n’ai pas écrit de texte critique à l’égard de l’Iran dans cette chronique, ni partagé de contenus en ce sens sur les réseaux sociaux. J’ai tenu compte des avertissements de certains savants que je respecte, qui disaient
"Ce n’est pas le moment…".
Quelle que soit l’ampleur des dommages qu’il a causés à la géographie islamique, je n’ai pas jugé moral de frapper l’Iran aux côtés des États-Unis.

Cependant… Je constate que, notamment dans notre pays, l’écrasante majorité des pro-Iraniens ne possède aucune sensibilité morale ou de conscience.
Non seulement ils ne se désolidarisent pas des crimes contre l’humanité commis par Atif Necib, Amjad Youssef et leurs semblables, mais ils refusent également de faire face à la question du soutien apporté pendant des décennies par l’Iran à un régime aussi vil que celui du Baas. Pire encore, ils étiquettent l’ensemble des Syriens comme des
"instruments de l’impérialisme",
prétendent que l’Iran et le Hezbollah n’ont tué aucun civil en Syrie et que toutes les victimes étaient des
"membres de DAECH"
.
En outre, en diffusant en permanence de fausses informations, des images manipulées et des calomnies, ils nuisent en tout point au tissu social du pays dans lequel ils vivent, au service des intérêts de l’Iran auxquels ils sont entièrement soumis, tant intellectuellement qu’émotionnellement. À ce titre, je considère que le pro-iranisme constitue un
"problème de sécurité nationale".
Alors qu’il est impossible de trouver en Iran un courant agissant en faveur de Türkiye, la présence visible de réseaux actifs et puissants travaillant pour l’Iran en Türkiye est, à vrai dire, aussi étonnante qu’instructive.

Le procès d’Atif Necib
a été reporté au 10 mai par le président du tribunal, tandis que celui d’Amjad Youssef n’a pas encore commencé. À mesure que les étapes progresseront, j’y reviendrai à l’occasion dans cette chronique. Afin que, face aux événements qui se déroulent sous nos yeux, les mensonges propagés par certains acteurs sans morale ni conscience, enracinés à l’extérieur, ne s’ancrent pas dans nos esprits.
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