Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une série de mesures visant à renforcer la cybersécurité de l’État, dans un contexte de multiplication des cyberattaques visant des services publics et des données sensibles.
Dans plusieurs messages publiés sur le réseau social américain X, le ministre a évoqué une menace croissante pesant sur les systèmes informatiques nationaux, appelant à
"renforcer la protection"
face à des attaques pouvant, dans les scénarios les plus graves,
. Il a également indiqué que des exercices de crise incluant des hypothèses de
" seraient désormais anticipés.
Parmi les mesures annoncées figurent la mobilisation de 200 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030, l’affectation des futures amendes de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés, autorité indépendante chargée de la protection des données personnelles) à un fonds dédié au numérique, estimé à 500 millions d’euros en 2025, ainsi que l’obligation pour chaque ministère de consacrer 5 % de son budget numérique à la cybersécurité à partir de 2027.
Le ministre a également annoncé une réorganisation de l’appareil étatique, avec la fusion de la DINUM (Direction interministérielle du numérique) et de la DITP (Direction interministérielle de la transformation publique), en vue de créer une Autorité nationale du numérique et de l’intelligence artificielle, chargée d’imposer des normes de sécurité à l’ensemble des ministères.
Ces annonces interviennent après une série d’incidents récents. Le 15 avril, le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), plateforme permettant notamment de gérer cartes d’identité et permis de conduire, a été visé par une cyberattaque susceptible d’avoir entraîné la fuite de données personnelles. Selon les autorités, près de 11,7 millions de comptes pourraient avoir été affectés, tandis que jusqu’à 18 millions de lignes de données auraient été mises en vente sur des forums cybercriminels.
Un mineur de 15 ans a été interpellé dans cette affaire, soupçonné d’avoir contribué à la diffusion des données sous un pseudonyme en ligne. Une enquête judiciaire a été ouverte pour accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données et extraction de données.
Quelques jours plus tôt, le ministère de l’Éducation nationale avait également signalé une cyberattaque ayant entraîné la fuite de données d’élèves, à la suite de l’usurpation d’un compte interne. L’incident a conduit à la réinitialisation de certains accès et à un renforcement des dispositifs de sécurité.
Dans ce contexte, la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) a mis en garde contre les risques liés à l’utilisation de logiciels étrangers en entreprise, évoquant un
"enjeu majeur de sécurité économique"
. Le service de renseignement souligne que certaines applications peuvent servir de vecteurs d’intrusion ou d’espionnage, notamment lorsque les données sont hébergées à l’étranger et susceptibles d’être accessibles par des autorités locales.
Face à ces menaces, les autorités françaises appellent à privilégier des solutions nationales ou certifiées, notamment par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), et à renforcer la vigilance des administrations comme des entreprises, dans un contexte de pression croissante sur les infrastructures numériques.
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