
L’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël montre que les néoconservateurs continuent d’exercer une influence sur la politique étrangère américaine. Pourtant, Trump avait promis à ses électeurs de mettre fin aux politiques néoconservatrices et aux "guerres sans fin". Dire est une chose, faire en est une autre. Finalement, Trump a lui aussi donné l’ordre d’attaquer l’Iran une seconde fois pour faire le travail d’Israël. Comme en juin 2025, il a lancé les attaques alors que les négociations avec Téhéran se poursuivaient. Il apparaît ainsi que les négociations et la diplomatie n’étaient qu’une façade et qu’elles n’avaient, pour Trump, aucune importance.
À la Chambre des représentants des États-Unis, un projet de loi avait été préparé par le député républicain Thomas Massie et le député démocrate Ro Khanna. Au Sénat américain, un texte similaire était examiné séparément par le démocrate Tim Kaine et le républicain Rand Paul. Les deux propositions prévoyaient que l’administration Trump obtienne l’autorisation du Congrès avant tout recours à la force contre l’Iran. Or, depuis longtemps, le Congrès n’exerce plus réellement son pouvoir de décision en matière de guerre.
Le projet Khanna-Massie, qui devait être débattu cette semaine, n’a aucune chance d’être adopté par une Chambre des représentants contrôlée de justesse par les républicains. Au sein du groupe démocrate, un nombre suffisant d’élus favorables à Israël votera contre. La direction du Parti démocrate, quant à elle, semblait désireuse de faire porter à Trump seul la responsabilité politique d’une attaque contre l’Iran. Comme le soutien à Israël est au plus bas dans la base démocrate, le déclenchement d’une attaque contre l’Iran a considérablement soulagé la direction démocrate pro-israélienne. Trump a ainsi offert cet atout aux démocrates.
Israël souhaitait des États-Unis une guerre totale incluant un "changement de régime". Trump semble avoir accordé cette guerre à Israël et aux néoconservateurs. Les justifications avancées par Trump pour l’attaque ne reposent sur rien de concret. Le scénario israélo-néoconservateur mis en scène en Irak en 2003 se rejoue en 2026 en Iran. L’an dernier, Trump avait annoncé que la capacité nucléaire iranienne avait été détruite. Aujourd’hui, il affirme que l’Iran est à quelques jours d’accéder à l’arme nucléaire, et ainsi de suite.
Un nouveau sondage publié vendredi par "GALLUP" indique que 41 % des Américains déclarent éprouver davantage de sympathie pour les Palestiniens, contre 36 % pour les Israéliens. Entre 2001 et 2020, le taux de sympathie envers les Israéliens oscillait entre 55 % et 60 %, tandis que la sympathie envers les Palestiniens se situait autour de 15 % à 20 %.
Chez les jeunes Américains, le soutien à Israël est bien plus faible. Même parmi les jeunes républicains, les niveaux de soutien à Israël sont à des taux qui inquiètent fortement ce pays. Le soutien des électeurs républicains à Israël est à son plus bas niveau depuis vingt ans. Certes, les républicains soutiennent encore Israël davantage que les démocrates, mais cette situation évolue progressivement. Les commentaires sur le dernier sondage de GALLUP soulignent notamment que c’est la première fois que la sympathie envers les Palestiniens dépasse celle envers les Israéliens.
Les Américains ne sont pas non plus favorables à une guerre entre les États-Unis et l’Iran. Selon un sondage réalisé la semaine dernière par The Economist/YouGov, seuls 27 % des Américains soutiennent une opération militaire en Iran, tandis que 49 % s’y opposent. De nombreuses enquêtes précédentes montraient déjà qu’une majorité d’Américains était opposée à une guerre contre l’Iran. Les sondages n’ont pas arrêté Trump.
Des élections de mi-mandat auront lieu en novembre. Ne souhaitant pas attendre les conséquences politiques d’un retournement de l’opinion publique américaine au détriment d’Israël, ce dernier voulait que Trump déclenche au plus vite une guerre contre l’Iran. Le "lobby israélien" et les néoconservateurs, passés maîtres dans l’art du camouflage idéologique, tentaient de convaincre Trump de lancer une attaque de grande ampleur contre l’Iran. Les néoconservateurs et Israël regardent avec méfiance le vice-président JD Vance, jugé "isolationniste".
Dans une interview publiée vendredi par le "Washington Post", Vance a déclaré se considérer comme quelqu’un de sceptique à l’égard des interventions militaires étrangères, affirmant qu’"il n’y a aucune possibilité que les États-Unis s’engagent dans une guerre prolongée au Moyen-Orient". Favorable à une opération américaine de courte durée contre l’Iran, Vance ne souhaite pas perdre, en vue de l’élection présidentielle de 2028, le soutien de la droite opposée aux "guerres sans fin".
Il est facile de déclencher une guerre, mais beaucoup plus difficile de l’arrêter. L’histoire regorge d’exemples de dirigeants qui, après avoir lancé une guerre, n’ont plus été en mesure d’y mettre fin malgré leur volonté. La guerre contre l’Iran a commencé et, quels que soient les plans initiaux, elle évoluera selon sa propre dynamique. Les néoconservateurs ont obtenu ce qu’ils voulaient, mais les événements se dérouleront-ils comme ils l’espèrent ?
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