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Le politologue et ancien directeur de recherche au CNRS François Burgat.
Le politologue François Burgat a été condamné en appel à 5 000 euros d'amende pour apologie du terrorisme, suite à des publications sur la guerre à Gaza, et a annoncé son intention de se pourvoir en cassation, selon un entretien accordé à Anadolu.
Infirmation de la relaxe en première instance
L'ancien directeur de recherche au CNRS avait été relaxé en mai 2025 par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence, mais la cour d'appel a finalement infirmé cette décision en le condamnant à 5 000 euros d'amende ainsi qu'au versement de 4 000 euros aux parties civiles. Cette condamnation vise plusieurs publications de l'universitaire relatives au conflit dans la bande de Gaza, alors que le politologue conteste fermement toute culpabilité dans ses prises de position sur cette question.
Une décision dénoncée comme politique
Dans un entretien accordé à Anadolu au lendemain du verdict, François Burgat a dénoncé une décision qu'il estime guidée par des considérations extérieures aux faits juridiques.
"Ce jugement ne démontre en aucune façon ma culpabilité, en revanche il démontre que le système judiciaire évolue en France sous influence du pouvoir politique et que le pouvoir politique évolue en France sous influence étrangère"
, a-t-il affirmé. L'universitaire affirme ne pas avoir été surpris par cette issue, expliquant s'être montré
"très pessimiste au délibéré"
et croyant que les juges l'attaqueraient notamment sur l'affaire Paty,
"un terrain sur lequel l'opinion publique est quasiment unanime"
.
Les deux affaires distinctes
Les poursuites reposent sur deux prises de position distinctes : des déclarations dans lesquelles François Burgat affirmait avoir
"infiniment plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour leurs homologues israéliens"
, ainsi qu'un message publié après la condamnation d'Abdelhakim Sefrioui dans le cadre du procès de l'attentat contre Samuel Paty. Par ailleurs, le politologue entendait dénoncer par ce second message l'extension excessive de la responsabilité pénale sous la qualification d'association de malfaiteurs, une position qu'il jugeait
"très argumentée juridiquement"
mais sur laquelle il n'avait
"absolument aucun soutien".
Recours envisagés devant les juridictions européennes
François Burgat a annoncé son intention de se pourvoir en cassation, étape préalable nécessaire avant d'envisager un éventuel recours devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
"On va vraisemblablement aller en cassation parce que c'est la condition pour pouvoir aller ensuite à la CEDH. Sur la cassation il y a assez peu d'optimisme parce que le détournement grossier de la législation sur l'apologie du terrorisme dont je suis la victime a déjà été cautionné à une ou deux reprises par la cour de cassation"
, a-t-il indiqué. Toutefois, il entend poursuivre la bataille judiciaire devant les juridictions européennes après l'épuisement des voies de recours internes en France.
Malgré la condamnation, l'universitaire affirme recevoir de nombreux témoignages de solidarité depuis l'annonce du verdict.
Ce qui me permet de tenir en souriant c'est le nombre ahurissant de témoignages de solidarité qui me tombe dessus depuis hier.
Pour rappel, cette affaire suscite également des débats soutenus dans les milieux universitaires, politiques et associatifs autour des limites de la liberté d'expression et de l'usage de l'incrimination d'apologie du terrorisme dans le contexte des discussions liées à la guerre à Gaza.
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