Échec et mat : le tour de Kandil est venu !

09:5920/01/2026, Salı
MAJ: 20/01/2026, Salı
Yahya Bostan

L’organisation terroriste FDS s’est effondrée en un temps record, très rapidement. Les campagnes de relations publiques et les images exagérées de la puissance supposée des FDS (branche syrienne du PKK en Syrie) se sont fracassées contre la froide réalité du terrain et se sont dissipées. Le projet impérialiste visant à diviser la Syrie, à établir un État terroriste s’étendant jusqu’à la Méditerranée et, ce faisant, à garantir la sécurité d’Israël, a été jeté à la poubelle. Bien sûr, la région est

L’organisation terroriste FDS s’est effondrée en un temps record, très rapidement. Les campagnes de relations publiques et les images exagérées de la puissance supposée des FDS (branche syrienne du PKK en Syrie) se sont fracassées contre la froide réalité du terrain et se sont dissipées. Le projet impérialiste visant à diviser la Syrie, à établir un État terroriste s’étendant jusqu’à la Méditerranée et, ce faisant, à garantir la sécurité d’Israël, a été jeté à la poubelle.

Bien sûr, la région est toujours porteuse de surprises. Mais soulignons ceci :
le soutien d’Ankara au changement de régime à Damas
et le fait de l’avoir rendu possible constituent un véritable coup d’échec et mat face aux acteurs régionaux et mondiaux qui cherchent à semer le chaos. Le sens de l’histoire a tourné en faveur de la Türkiye (ce qui ne signifie pas que d’autres acteurs ne chercheront pas à inverser à nouveau cette dynamique).

Ankara maîtrise tous les détails


Ankara entretient un dialogue étroit avec Damas. Avant et pendant l’opération menée contre les FDS, ce dialogue ne s’est jamais interrompu. La Türkiye, qui soutenait fermement al-Charaa, maîtrisait tous les détails de la planification. Comment le sais-je ? Nous avions écrit que, si les FDS ne respectait pas l’accord du 10 mars, l’administration de Damas et les tribus arabes passeraient à l’action (voir :
"Nous avons vu la main d’Israël"
, 15 août 2025). Nous avions également indiqué que la FDS/YPG serait confinée dans une petite zone de 500.000 habitants entre Hassaké et Qamichli (voir :
"Les jours de la FDS sont comptés"
, 28 novembre 2025). Enfin, nous avions souligné que, malgré une première intervention à Alep, une intervention totale serait à l’ordre du jour si l’accord n’était pas respecté (voir :
"Première phase : préparation d’un avertissement militaire à la FDS"
, 9 décembre 2025). Rien de tout cela n’était une prophétie. Je tenais ces informations de mes sources à Ankara. Tout s’est réalisé. Du début à la fin, les ministères des Affaires étrangères et de la Défense nationale, ainsi que le MIT, ont agi en coordination étroite et ont soutenu Damas (le MIT a mené sur le terrain une coordination sérieuse afin d’éviter que les civils, y compris les familles des membres du PKK en retrait, ne soient victimes de dommages).

Al-Charaa a prouvé son leadership


Il faut analyser correctement ce tournant historique.

Premièrement
, un gain extrêmement important a été obtenu en faveur de l’intégrité territoriale de la Syrie. Les FDS sera intégrée à Damas à titre
"individuel"
.
Deuxièmement
, Israël tentait de créer un
"précédent"
pour les FDS en encourageant certains groupes druzes à Soueïda. En agissant, Damas a établi un
"contre-précédent"
pour les Druzes séparatistes. La position de Damas s’est également renforcée à Soueïda.
Troisièmement
, les revenus pétroliers de la Syrie afflueront vers Damas, ce qui est crucial pour le développement du pays.
Quatrièmement
, le président syrien Ahmed Al-Charaa démontré son intelligence stratégique et son leadership rationnel, en tenant compte des équilibres, en évitant les excès et à travers le décret qu’il a publié sur les droits des Kurdes. Cela se traduira par un regain de crédibilité et de soutien international.
Cinquièmement
, il est apparu que les visions régionales de Washington et d’Ankara coïncidaient largement. Des sources indiquent que Thomas Barrack a exhorté Ferhat Abdi Şahin, à Erbil, à
"accepter la situation actuelle, et nous ferons de notre mieux"
.
Sixièmement
, les milices d’Assad qui tentaient de déstabiliser le pays ont été démotivées (prévision : une agitation pourrait bientôt émerger à Hama-Homs).
Septièmement
, et surtout, la main de Kandil est désormais beaucoup plus faible. J’y reviendrai, mais je dois d’abord évoquer deux risques imminents.

Le recul d’Israël s’accentue


Premièrement
, cette opération a réduit à néant le rêve israélien du corridor de David. Par ailleurs, souvenez-vous de la réaction américaine à Israël, qui se plaignait de ne pas avoir été consulté sur le Conseil de paix pour Gaza :
"Netanyahu n’a qu’à s’occuper de ses affaires".
Le recul régional d’Israël s’approfondit. Il pourrait recourir à des provocations.
Deuxièmement
, une fois les zones sous son contrôle consolidées, Damas se penchera sur Soueïda, ce qui pourrait provoquer une crise avec Israël. Les négociations syro-israéliennes menées à Paris sous médiation américaine prennent donc une importance accrue.
Venons-en maintenant à Kandil (une montagne en Irak où se cache les leaders de PKK)
. Le processus d’une Türkiye sans terrorisme était directement lié à ce qui se passait en Syrie. Pour que la Grande Assemblée nationale de Türkiye puisse procéder à des réformes législatives, il fallait également que les éléments terroristes en Syrie déposent les armes. Bien que le PKK ait annoncé sa dissolution, il n’avait pas rendu ses armes. Il faisait traîner les choses. Des revendications maximalistes étaient mises sur la table, allant de la libération d’Imrali à la participation politique des chefs de l’organisation en Türkiye.

Un œil sur la Syrie, l’autre sur l’Iran


Kandil
voulait observer deux éléments.
Premièrement
, quelles dispositions légales seraient adoptées ? À quoi seraient confrontés les terroristes de retour en Türkiye après avoir déposé les armes ?
Deuxièmement
, quelles évolutions se produiraient en Syrie ? La FDS, soutenue par Israël, atteindrait-elle son objectif fédéral ? La FDS constituait la soupape de sécurité de Kandil. C’est pourquoi l’ordre d’affrontement à Alep est venu directement de Kandil.
(Une troisième raison qui poussait Kandil à attendre était la préparation d’une intervention américaine contre l’Iran. En juin dernier, durant la guerre de douze jours, la branche iranienne du PKK a été armée par Israël.)
Cette attitude de Kandil a provoqué une crise de confiance. Il est apparu qu’Imrali ne contrôlait pas Kandil à cent pour cent. Malgré tout, une grande opportunité se présente aujourd’hui. La Türkiye a établi une zone tampon en Irak. Un accord a été conclu avec Bagdad.
"Kandil est encerclé."
La branche syrienne de l’organisation est tombée. Le champ de manœuvre du PKK s’est rétréci.
Le PKK doit comprendre que, dans le nouvel ordre régional, il n’y a plus de place pour les organisations terroristes.
L’organisation doit mettre en œuvre rapidement et intégralement les exigences de l’appel du 27 février. Personne ne le souhaite, mais nous avons vu en Syrie ce qui se passe dans le cas contraire.
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