Moyen-Orient : Le Drian rappelle la responsabilité historique de la France au Liban

La rédaction avec
15:1711/03/2026, mercredi
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L’ancien ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian
Crédit Photo : Capture vidéo / X
L’ancien ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian

L’ancien ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé que le Liban risquait d’être entraîné dans une confrontation régionale qui le dépasse, appelant à éviter une escalade militaire dans un pays déjà fragilisé par une grave crise politique et économique.

Invité de l’émission L’Événement sur France Télévisions consacrée à la guerre au Moyen-Orient et à ses conséquences, le représentant personnel du président Emmanuel Macron pour le Liban a jugé que l’implication du Hezbollah dans les hostilités aux côtés de l’Iran contribuait à ouvrir un nouveau front dans le conflit.

Le Liban pris dans l’escalade régionale

"Le Hezbollah a choisi l’Iran contre le Liban et contre les intérêts du pays dont il fait parti"
, a-t-il déclaré, estimant que le mouvement chiite libanais, soutenu par Téhéran, entraînait le pays dans une guerre
"qui n’est pas celle des Libanais".
Tout en critiquant l’action du Hezbollah, l’ancien chef de la diplomatie française a également jugé que la riposte militaire israélienne était
"disproportionnée"
et risquait d’aggraver la situation sur le terrain.

Selon lui, l’intensité des opérations militaires pourrait avoir des conséquences humanitaires et politiques importantes au Liban, notamment en provoquant des déplacements massifs de populations et en accentuant les tensions internes dans un pays déjà profondément fragilisé.

Des tentatives diplomatiques interrompues

Jean-Yves Le Drian a également rappelé les efforts diplomatiques menés ces dernières années pour tenter de stabiliser la frontière entre Israël et le Liban.

Il a notamment évoqué un précédent cessez-le-feu intervenu après une phase d’escalade et les discussions engagées par la suite, sous médiation française et américaine, afin de réduire progressivement la présence armée du Hezbollah dans le sud du Liban.

Ces négociations, a-t-il expliqué, impliquaient les autorités libanaises et israéliennes et visaient à diminuer les tensions dans la zone frontalière, mais ont été interrompues par la reprise des hostilités dans la région.

Une relation franco-libanaise vielle de cinq siècles

Au cours de l’entretien, Jean-Yves Le Drian a également insisté sur les liens historiques qui unissent la France et le Liban, rappelant que l’engagement de Paris dans ce pays s’inscrivait dans une relation ancienne.

"Parce que c’est notre histoire"
, a-t-il expliqué, évoquant les accords conclus en 1536 entre le roi François Ier et le sultan ottoman Soliman le Magnifique, qui accordaient à la France des capitulations - des privilèges commerciaux et juridiques - dans certains domaines.
Selon lui, ces accords ont contribué à établir une relation durable entre la France et le Liban.
"Cela crée une relation historique avec le Liban, une relation affective avec le Liban, une relation intellectuelle avec le Liban"
, a-t-il déclaré.

L’ancien ministre a également rappelé que ces liens s’étaient renforcés lorsque la Société des Nations a confié à la France un mandat sur la Syrie et le Liban.

Après l’indépendance du Liban en 1943, la France a conservé des relations politiques, culturelles et militaires étroites avec le pays.
"Nous avons toujours gardé une grande affection et une grande relation fraternelle avec ce pays"
, a affirmé Jean-Yves Le Drian, concluant :
Nous sommes très attachés au Liban.

Dans ce contexte, l’ancien chef de la diplomatie française a estimé qu’une solution diplomatique restait indispensable pour éviter que le Liban ne devienne l’un des principaux théâtres de la confrontation régionale entre l’Iran et Israël.


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