Soudan du Sud: affrontements dans une ville tenue par l'opposition

La rédaction avec
13:3611/03/2026, Çarşamba
AFP
La Minuss, qui a une force de maintien de la paix d'environ 100 personnes à Akobo, avait indiqué à l'AFP ne pas avoir obéi à l'ordre de quitter la ville.
Crédit Photo : @unmissmedia / X
La Minuss, qui a une force de maintien de la paix d'environ 100 personnes à Akobo, avait indiqué à l'AFP ne pas avoir obéi à l'ordre de quitter la ville.

Des affrontements ont éclaté mardi dans une ville tenue par l'opposition dans l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud, avec des centaines de milliers de déplacés sans assistance humanitaire, ont indiqué mercredi l'opposition sud-soudanaise et une source sécuritaire.

L'Etat du Jonglei est au centre des combats qui opposent depuis décembre les forces gouvernementales, fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir, et des milices d'opposition loyales à son rival de longue date Riek Machar, après qu'un accord de partage de pouvoir a volé en éclats.

Au moins 280.000 personnes ont été déplacées depuis décembre, selon une estimation de l'ONU en date de fin février.
L'armée sud-soudanaise avait ordonné fin de semaine dernière aux forces de la mission onusienne au Soudan du Sud (Minuss) et aux ONG présentes dans la zone d'Akobo, tenue par l'opposition, de
"se retirer immédiatement" en amont "d'offensives militaires".

En raison des communications limitées, il a été difficile de confirmer les événements sur le terrain.

Un porte-parole de l'opposition a déclaré dans un communiqué publié sur Facebook que ses forces avaient
"stratégiquement évacué la ville pour attirer"
l'armée et ses alliés à Akobo, avant de les attaquer mardi, ce qui a conduit à leur
"défaite".

200.000 personnes déplacées

Elle a affirmé conserver le contrôle du siège du comté d'Akobo, rejetant une déclaration antérieure de l'armée sud-soudanaise selon laquelle elle aurait réinstallé le commissaire
"légitime"
de la région.

Une source sécuritaire a, sous couvert d'anonymat, confirmé à l'AFP que l'armée était entrée dans Akobo mardi et que des combats sporadiques avaient eu lieu dans toute la ville.

Quelque 200.000 personnes ont été déplacées dans la seule zone d'Akobo, la plupart se trouvant aujourd'hui à Tiergol, ville à la frontière éthiopienne, sans qu'aucune ONG ne soit présente pour leur apporter une aide humanitaire, selon cette source.

La Minuss, qui a une force de maintien de la paix d'environ 100 personnes à Akobo, avait indiqué à l'AFP ne pas avoir obéi à l'ordre de quitter la ville.

Le Soudan du Sud, qui s'est séparé du Soudan en 2011 à l'issue de deux guerres sur près de quatre décennies contre Khartoum, avait connu une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018, qui opposait déjà les forces de MM. Kiir et Machar. Elle a fait plus de 400.000 morts.


A lire également:

#troubles
#SoudanSud
#armée
#Salva Kiir
#Riek Machar